ACTE III, SCÈNE III—IV. i5r
l’intimé: , lui présentant de petits chiens.
DANDIN,
Venez, famille désolée;
Pour toi je ferai toute chose.
Venez, pauvres enfants qu’on veut rendre orphelins,
Parle donc.
Venez faire parler vos esprits enfantins.
ISABELLE.
Oui, messieurs, vous voyez ici notre misère :
Je vous ai trop d’obligation.
Nous sommes orphelins, rendez-nous notre père ,
DANDIN.
Notre père , par qui nous fûmes engendrés,
X’avcz-vous jamais vu donner la question 5 ??
Notre père , qui nous...
ISABELLE.
DANOIS - .
Non ; et ne le verrai, que je crois, de ma vie.
Tirez , lirez, tirez.
DANDIN.
l’intimé.
Venez, je vous en veux faire passer l’envie.
Notre père, messieurs...
ISABELLE.
DANOIS.
Hé! monsieur, peut on voir souffrir des malheu-
Tirez donc. QuelsvacarmesJ
reux?
Ils ont pissé partout.
DANDIN.
l’intimé.
Bon [ Cela fait toujours passer une bern e ou deux.
Monsieur, voyez nos larmes.
CütCANEAT »
DANDIN.
Monsieur, je viens ici pour vous dire...
Ouf. Je me sens déjà pris de compassion.
LÉANDRE.
Ce que c’esl qu’à propos toucher la passion 1
Mon père,
Je suis bien empêché. La vérile me presse;
Je vous vais en deux mots dire toute l’affaire :
Le crime esl avéré ; Iui-inêiu,e il le confesse.
C’est pour un mariage. Et vous saurez d'abord
Mais s’il est condamné , l’embarras esl égal :
Voilà bien des entants réduits à l’hôpital.
La fille le veut bien ; son amant In respire 5 8 ;
Mais je suis occupé , je ne veux voir personne.
C.n que la fille veut, le père le désire.
C’est à vous de juger.
dandin, se rasseyant.
SCÈNE IV.
Mariez au plus tût :
Dès demain , si l'on veut ; aujourd’hui, s’il le faut.
DANDIN , LÉANDRE , CTIICANEAtJ , ISA
LÉASDRK.
BELLE, PETITJEAN, L’INTIMÉ.
Saluez-Ie.
CU [CANE AT:*
CHICANXAL.
Comment ?
Monsieur...
DANDIN.
iiandin, à Petit-Jean et à l’intimé.
Quel est donc ce mvstère?
Oui, pour vous seuls l’audience se donne.
LÉANDttE.
( ci Chicancau. )
Ce que vous avez dit se fait de point en point.
Adieu. Mais, s'il vous plaît, quel est cet enfanl-là ?
DANDIN.
CtUCANEAÜ.
Puisque je l’ai jugé , je n’en reviendrai point.
C'est ma ûlle, monsieur.
CinCANBAü.
DANDIN.
Mais on ne donne pas Une fille sans elle.
lié! tôt, rappelez-la.
I.KANDHE.
ISABELLE.
Sans doute, cl j’en croirai la charmante Isabelle.
Vous êtes occupé.
CHICANEAV.
DANDIN.
Es-tu muette ? Allons , c’est à toi de parler.
Moi ! Je n’ai point d’affaire.
Parle.
( à C/urancflM. )
ISABELLE.
Que ne me disiez-vous que vous étiez son père ?
Je n’ose pas, mon père , en appeler.
C1IICANEAU,
CIirCANEAU.
Monsieur...
Mais j’en appelle , moi.
DANDIN.
léandbe, lui montrant un papier.
Elle sait mieux votre affaire que vous.
Voyez cette écriture,
( à Isabelle. )
Vous n’appcllerez-pas de votre signature?
Hiles... Qu’elle est jolie et qu’elle a les yeux doux J
cnrcANEAü.
Je suis tout réjoui de voir celle jeunesse 5 5 .
Plaît-il?
Ce n’est pas tout, ma fille , il faut de la sagesse.
Savez-vous que j’étois un compèie autrefois ?
C’est un contrat en fort bonne fanon.
On a parlé de nous.
CHICANE VT.
ISABELLE.
Je vois qu’on in’a surpris ; mais j’en aurai raison :
Ah monsieur, je vous crois.
De plus de vingt procès ceci sera (a source.
DANDIN.
On a la fille ; soit : on n’aura pas la bourse.
His-nous : à qui veux-tu faire perdre la cause ?
LÉANDRE.
ISABELLE.
lié ! monsieur, qui vous dit qu’on vous demande
A personne.
rien ?