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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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NOTES DES PLAIDEURS.

aurait pu lutter contre Molière dans la haute co-médie. La Harpe.

bn La conjonction et devant une Toyelle formehiatus; mais cette licence est excusable dans unescène bouffonne. Un peuplusloin, Tant y a, mêmeobservation. Aignàn.

5 1 Allusion à une anecdote du temps de Racine.Un avocat, plaidant pour un homme sur le compteduquel on vouloit mettre un enfant, se perdoitdans des détails absolument étrangers à sa cause,ne sachant trop que dire sur une pareille question.Le juge lui criait sans cesse, au fait , au fait. En-fin l'avocat, poussé à bout, interrompit brusque-ment ses digressions , et dit avec une grande volu-bilité : Le fait est un enfant de fait , celui qu'on ditlavoir fait nie le fait. Voilà le fait. L. PE Boisjer-main .

5 J On assure que le premier président du par-lement de Paris lit un jour la même question à unavocat nomme Montai! ban. Lavocat répondit affir-mativement , et le président le loua de sa lionnefoi. L. de Boipjermauç.

,jS Cet exorde est celui de loraison de Cicéronpro Qainiia : Patru , en plaidant pour un pâtissiercontre un boulanger, sétoil servi du même exorde.(Jette éloquence avoil été autrefois fort à la mode.Bclièvre demandant ù la reine Élisabeth la grâcede Marie Stuart, dans un long discours que rap-porte M. de Thou , 1. 8C , non content de raconterplusieurs traits de lhistoire ancienne, cite despassages dHomère, de Platon et de Callimaque.Du temps de mitre poète , nos avocats «voient en-core coutume de remonter au déluge, de raconterdes faits inutiles à leur cause, de remplir leursdiscours de longs passages des anciens , cl, pourfaire voir leur érudition, de rapporter beaucoupde citations; cest pour cela quon voit ici des pas-sages dOvide cl de Lucain, et quon entend citernon seulement le Digeste, mais Aristote, Pausa-uias, etc., etc. Ce quil y a de singulier, cest quepersonne ne vit le ridicule de cette manière deplaider. La finesse des plaisanteries de Racine nefut pas sentie. Le parterre ne rit point de ce quilappeloit des termes de chicane , cl la pièce tombaaux premières représentations. L. Racine.

64 Ce mot rappelle celui de madame de-vîgné , avec qui venoil de danser Louis XIV. « Legrand roi que nous avons ! » O nature, nature IAignàn. '

6 5 Bacille a voulu se moquer de ceux qui citentà tort et à travers de faux textes, dont ils ont be-soin ; et lui-même sétoit donné cette licence enplaisantant, si l'on en croit un recueil danecdotes.On y ÜL que Racine disputant avec La Fontainesur lautorité absolue des rois, et lui montrant celteautorité bien établie dans 1 Ecriture, La Fontainerépliqua : i Nous ne sommes donc que des fourmisà légard des rois? Faites-moi voir cela clairementénoncé dans lEcriture, et je me rends. « «quoi, repartit Racine , ne connoissez vous pas cepassage : Tanquam formicas deambuiabitis coramreçe vestro; Tousserez comme des fourrais devantvotre roi ? » Le passage éloit faux , mais La Fon-taine y fut trompé. Giofpkoy.

5 6 Dans les premières éditions ec vers se trou-voit après le suivant. A. Martin.

6 ? Thomas Diafoirus, dans le Malade imagi-naire, fait une proposition de même espèce à An-gélique . en l'invitant à assister à une dissection.

( AcL. ,sc. vi.)

Que ne me disiez-vous que vous étiez son père?

est un trait charmant : celui de la question est san-glant, et lon ne peut nier que la cruelle indiffé-rence des juges ny ait trop souvent donné lieu.Les mauvaise»lois font les mauvaise» mœurs.

La IIarfe.

58 On dit figurément respirer ta guerre, la ven-geance, tes plaisirs, etc., pour désirer ardemment ;et alors respirer prend le régime direct, commedésirer, mais seulement dans les choses qui sontlobjet dune passion habituelle. Quand il sagitdun fait, dun événement, comme ici le mariage,respirer ne semploie quavec la négative et le ré-gime indirect. Elle ne respire 'après le mariage,le retour, la convalescence de son fils. Lest, jecrois, le seul terme impropre quil y ait daus toutecelte pièce. La Harpe.