r-jo BRITANNICUS.
Il ne m’en reste plus : et vos soins trop prudents
NARCISSE.
Les ont tous écartés on séduits des long-temps.
Seigneur, en ce moment
AGRIPPINE.
Elle reçoit les vœux de son nouvel amant.
Seigneur, à vossoupçons donnez moins de créance,
BRITANNICCS.
Notre salut dépend de notre intelligence.
Hé bien ! Narcisse, allons. Mais que vois-ie? C’est
J’ai promis, il suffit. Malgré tos ennemis ,
elle.
Je ne révoque rien de ce que j’ai promis.
narcisse , à part.
Le coupable Néron fuit en vain ma colère :
Ah , dieux! A l’empereur portons cette nouvelle.
Tôt ou tard il faudra qu’il entende sa mère.
J’essaierai tour à tour la force et la douceur :
SCÈNE VII.
Ou moi-même , avec moi conduisant votre sœur,
J’irai semer partout ma crainte et ses alarmes ,
Et ranger tous les cœurs du parti de ses larmes.
BRITANNICÜS, JÜNIE.
Adieu. J’assiégerai Néron de toutes paris.
Vous, si vous m’en croyez, évitez ses regards.
JUNIE.
SCÈNE VI.
Retirez-vous, seigneur, et fuyez un courroux
Que ma persévérance allume contre vous.
Néron est irrité. Je me suis échappée
BRTTANNICDS, SAUCISSE.
Tandis qu’à l’arrêter sa mère est occupée.
Adieu : réservez-vous, sans blesser mon amour,
BRITANNICUS.
Au plaisir de me voir justifier un jour.
Votre image sans cesse est présente à mon âme ;
Ne m’as-tu point flatté d'une fausse espérance ?
Rien ne l’en peut bannir.
Puis-je sur ton récit fonder quelque assurance ,
BRITANNICCS.
Narcisse P
Je vous entends, madame :
NARCISSE.
Vous voulez que ma fuite assure yos désirs,
Oui. Mais, seigneur, ce n’est pas en ces lieux
Que je laisse un champ libre à vos nouveaux sou-
Qu’il faut développer ce mystère à vos yeux.
pirs.
Sortons. Qu’attendez-vous?
Sans doute, en me voyant, une pudeur secrète
BRITANNICCS.
Ne vous laisse goûter qu’une joie inquiète.
Ce que j’attends, Narcisse?
lié bien, il faut partir !
Hélas!
JUNTE.
NARCISSE.
Seigneur, sans m’imputer...
Expliquez-vous.
BRITANNICCS.
BRrTANNICCS.
Ah! vous deviez du moins plus long-temps dispu ter.
Si, par ton artifice ,
Je ne murmure point qu’ime amitié commune
Je pouvoisrevoir...
Se range du parti que flatte la fortune ;
NARCISSE.
Que l’éclat d’un empire ail pu vous éblouir;
Qui ?
Qu’aux dépens de ma sœur vous en vouliez jouir ■
BRITANNICCS.
Mais que, de ces grandeurs comme une autre
J’en rougis. Mais enfin
occupée,
D’un cœur moins agité j’attendrois mon destin.
Vous m’en ayez paru si long-temps détrompée ;
NARCISSE.
Non, je l’avoue encor, mon cœur désespéré
Après tous mes discours, vous la croyez fidèle?
Contre ce seul malheur n’étoit point préparé.
BRITANNICCS.
J’ai vu sur ma ruine élever l'injustice;
Non , je la crois , Narcisse , ingrate , criminelle ,
De mes persécuteurs j’ai vu le ciel complice;
Digne de mon courroux : mais je sens, malgré moi,
Tant d’horreurs n’avoient point épuisé son courroux ,
Que je ne le croîs pas autant que je le doi.
Madame ; il me restoit d’être oublié de vous.
Dans scs égarements , mon cœur opiniâtre
JÜNIE.
Lui prête des raisons, l’excuse, l’idolâtre.
Dansun temps plus heureux, ma juste impatience
Je voudrois vaincre enfin mon incrédulité ;
Vous feroit repentir de votre défiance;
Je la voudrois haïr avec tranquillité.
Mais Néron vous menace : en ee pressant danger,
Et qui croira qu’uu cœur si grand en apparence ,
Seigneur, j'ai d’autres soins que de vous affliger.
D’une infidèle cour ennemi dès l’enlance.
Allez , rassurez-vous , et cessez de vous plaindre ;
Renonce à tant de gloire , et, dès le premier jour,
Néron nous écoutoit, et m’ordonnoit de feindre.
Trame une perfidie inouïe à la cour 7 0 ?
BRITANNICCS,
NARCISSE.
Quoi I le cruel...
Et qui sait si l’ingrate , en sa longue retraite ,
JUNIE.
N’a point de l’empereur médité la défaite?
Témoin de tout notre entretien,
Trop sûre que ses yeux ne pouvoient se cacher,
D'un visage sévère examinoit le mien ,
Peut-être elle fuyoit pour se faire chercher ,
Prêt à faire sur vous éclater la vengeance
Pour exciter Néron par la gloire pénible
D’un geste confident de notre intelligence.
De vaincre une fierté jusqu’alors invincible.
BRITANNICCS.
BRITANNICCS.
Néron nous écoutoit, madame! Mais, hélasl
Je ne la puis donc voir?
i
Vos yeux auroientpu feindre, et ne m’abuser pas ;