Buch 
Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
Entstehung
JPEG-Download
 

172

-BRITANNICUS.

JC.VIK.

Prince , sans l’irriter , cédons à cet orage.

XEROX.

Gardes , obéissez sans tarder davantage.

SCÈNE IX.

NÉRON, BURRHUS.

Bl'RHU CS.

Que vois-je? 0 ciel !

N inox, sans voit' Bufrhus.

Ainsi leurs feux sont redoublés :Je reeonnois la main qui les a rassemblés.Agrippine ne s’est présentée à ma vue ,

Ne s’est dans ses discours si long-temps étendue ,Que pour faire jouer cc ressort odieux.(apercevant Burrhus.)

Qu’011 sache si ma mère est encore en ces lieux.Burrhus , dans ce palais je veux qu’on la retienne,Et qu’au lieu de sa garde on lui donne la mienne.BÜRItHCS.

Quoi , seigneur, sans l’ouïr? Une mère!

héron.

Arrêtez :

J'ignore quel projet, Burrhus, vous méditez ;Mais, depuis quelques jours, tout ce que je désireTrouve en vous un censeur prêt à me contredire.Répondez-m’en , vous dis-je ; ou, sur votre refus,B’autres me répondront et d’elle et do Burrhus.

ACTE QUATRIEME.

SCÈNE I.

AÜKIPPI-VE, BURRHUS.

BCRRIirS.

Oui, madame, à loisir vous pourrez vous défendre:César lui même ici consent de vous entendre.

Si son ordre au palais vous a fait retenir,

C’est peut-être à dessein de vous entretenir.

Quoi qu’il en soit, si j’use expliquer ma pensée ,Ne vous souvenez plus qu’il vous ail offensée ;Préparez-vous plutôt à lui tendre les bras ;Défendez-vous, madame , et ne l’accusez pas.Vous voyez , c'est lui seul que la cour envisage.Quoiqu’il soit votre fils, et même votre ouvrage ,J 1 est votre empereur. Vous êtes, comme nous,Sujette à ce pouvoir qu’il a reçu de vous 7 4 .

Selon qu’il vous menace , ou bien qu’il vous ca-resse ,

La cour autour de vous ou s’écarte ou s’empresse.C’est son appui qu’on cherche, en cherchant votreappui.

Mais voici l’empereur.

AGRIPPINE.

Qu’on me laisse avec lui.

SCENE II.

NÉRON, AGRIPPINE.

Agrippine, s'asseyant.

Approchez-vous, Néron , et prenez votre place.

On veut sur vos soupçons que je vous satisfasse.J’ignore de quel crime on a pu me noircir :

Br tous ceux que j’ai faits je vais vous éclaircir.

Vous régnez : vous savez combien votre naissanceEntre l’empire et vous avoit mis de distance.

Les droits de mes aïeux, que Rome a consacrés ,Etoient même sans moi d’inutiles degrés.

Quand de Britannicus la mère condamnéeLaissa de Claudiusdispuler l’hyménée,

Parmi tant de beautés qui briguèrent son choix,

Qui de ses affranchis mendièrent les voix,

Je souhaitai son lit , dans la seule penséeDe vous laisser au trône où je semis placée.

Je fléchis mon orgueil; j’allai prier Pallas.

Son maître , chaque jour caressé dans mes bras ,Prit insensiblernem dans les yeux de sa nièceL’amour où je voulois amener sa tendresse.

Mais ce lien du sang qui nous joignoil tous deuxÉcarloit Claudius d’un lit incestueux :

Il n’osoit épouser la fille de son frère.

Le sénat fut séduit : une loi moins sévèreMit Claude dans mon lit, et Rome à mes genoux.C’étoit beaucoup pour moi, ce n’étoit rien pourvous.

Je vous fis sur mes pas entrer dans sa famille ;

Je vous nommai son gendre, et vous donnai sa fille:Silaniis , qui l’aimoit, s’en vit abandonné.

Et marqua de son sang ce jour infortuné.

Ce n’étoit rien encore. Eussiez-vous pu prétendreQu’un jour Claude à sou filsptit préférer son gendre ?De ce même Pallas j’implorai le secours :

Claude vous adopta, vaincu par ses discours ,

Vous appela Néron ; et du pouvoir suprêmeVoulut, avant le temps, vous faire part lui-même.C’esL alors que chacun , rappelant le passé ,Découvrit mon dessein déjà trop avancé;

Que de Britannicus la disgrâce futureDes amis de son père excita le murmure.

Mes promesses aux uns éblouirent les yeux ;

L’exil me délivra des plus séditieux ;

Claude même , lassé de ma plainte éternelle.Eloigna de sou fils tous ceux de qui le zclc,

Engagé dès long temps à suivre son destin,

Pouvoil du trône encor lui rouvrir le chemin.

Je fis plus : je choisis moi-même dans ma suiteCeux à qui je voulois qu’on livrât sa conduite ;

J’eus soin de vous nommer, par un contraire choix.Des gouverneurs que Rome honoroit de sa voix;

Je fus sourde à la brigue , et crus la renommée ;J’appelai de l’exil , je tirai de l’armée ,

Et ce même Sénèque, et ce même Burrhus,

Qui depuis... Borne alors estimoit leursvertus.

De Claude en même temps épuisant les richesses.Ma main , sous votre nom, répandoil ses largesses.Les spectacles , les dons, invincibles appas,

Vous attiroient les coeurs du peuple et des soldats.Qui d’ailleurs, réveillant leur tendresse première,Eavorisoicnt en vous Grrmanicus mon père.