NOTES DE BRITANNICÜS.
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.\OTKS DE BRITANNICÜS.
1 Charles-Honoré d’Albert, duo de Luynes, deChevreuse el de Cbaulnes, pair de France, ne le7 octobre ifi4(> i et connu sous le nom de duc deChevreuse. Son père avoit fait bâtir mi petit châ-teau sm* le terrain même de Port-Royal. Il étoitintimement lié avec les solitaires. C’est pour Luiqu'avoit etc faite la Logique de Port-Royal. 11 futami intime du dtic de Beauvilliers, son beau-frère,el de Fénelon. II mourut à Paris, le 5 novembre1712 , treize ans après Racine. Geoffroy.
6 II est plus correct de dire, je doute que jel’eusse obtenue, Je doute si ne se dit bien que lors-qu’il y a incertitude entre deux choses énoncées : /Je doute s’il faut rejeter son témoignage ou y avoirégard , etc. La Harpe.
5 On 11e peut guère douter qu’il ne soit ici ques-tion du grand Colbert, beau-père du duc de Che-vreuse, lequel avoit épousé sa ülle aînée. Colbertnvoil un sens droit cl un esprit juste. Avec cesqualités on juge sainement dn tout. Si, dans leslouanges que Racine prodigue à Colbert, il y aquelque chose pour le contrôleur-général , la plusgrande partie est pour l’homme, et paroît dictéepar la vérité. Geoffroy.
4 Tacite, Annales, liv. XIII, ch. 1.
5 Corneille, qui, dans Uéraclius, fait régnervingt ans l'empereur Phoeas, lequel n’en a régnéque huit. Geoffroy.
G Racine désigne ici plusieurs tragédies de Cor-neille , La Mort de Pompée, Sertorius, Agésilas;un ne sait qutfl est ce héros ivre qui veut se fairehaïr de sa maîtresse ( dans le commentaire de LaIlarpe , il est désigné par Attila }. On srnL que lesuccès médiocre de üritannicus et l’arliarriementdes partisans outres de Corneille avoient mis Ra-cine dans une situation à ne plus lien ménager.Corneille , malgré son âge, n’avoit pas gardé lui-même plus de ménagements, et sembloit avoirirrité le jeune poète par une lettre adressée à Saint-Evremout, l’un de scs plus zélés partisans. ( Voyezle tonie III des Œuvres de Saint-Evrernont, page 49et suivantes de l’édition d’Amsterdam, 1726.) G.
7 «C’est aux autres à prendre garde commentils parleront de vous ; mais soyez sûr qu’ils enparleront, de quelque manière que ce soit. » G.
8 « A peine a-t-on levé la toile, que le voilà quis'écrie, etc. « P. Tehent. Euuuch, Prolog, )
On ne peut pas douter que Racine n’ait vouludésigner ici le grand Corneille. Au reste, LouisRacine observe que ce passage ne doit point fairesoupçonner Corneille d’une basse jalousie, maisses partisans, qui formulent un parti très consi-dérable, et mnployoient toutes sortes de moyenspour nuire aux pièces de son rival.
S Racine a lui-même traduit très exactementce vers, lorsqu’il a dit : «Tl n’y a rien de plusinjuste qu’un ignorant. » Geoffroy,
to Celte pièce si belle, dit Louis Racine, etqui fait faire tant d'utiles réflexions, fut très malreçue, pareequ’on ne va point au spectacle pour
réfléchir, et qu’on y cherche le plaisir du cœurplutôt que celui de l’esprit. Pour découvrir toutesles beautés que celle-ci renferme , il faut la mé-diter comme ou médite Tacite.
Ces passages de Tacite se trouvent recueillisdans plusieurs éditions de Racine.
12 Tacit. , Annal. , lib. XJV , cap. 5G.
1 3 Idem , ibid. , lib. XIII, cap. 47-
14 « . . . par une sorte de fatalité, ou peut-êtreparce qu’011 trouve plus de charmes à ce qui estdéfendu : cl l’on eraignoit que les dames romainesles plus illustres ne fussent exposées à la violencede scs désirs. >1 ( Tacit., Annal., lib. XIII, cap. 12.)
Geoffroy.
,s Tac., Annal., lib. XIII, cap. 2.
,e Idem, ibid. , lib. XIV, cap. 61.
17 Enflammée, de toutes les passionâ'de la ty-rannie, elle avoit dans son parti Pallas. » ( Tacit.,Annal., lib. XTII, cap. 2.) Geoffroy.
18 «Elle sentoit vivement que Néron venoit delui ravir son dernier appui, cl de faire l’essai duparricide. » [ Tac. , Ann., lib. XIII, cap. 16. ) G.
19 Tac.,- Annal. , lib. XII,cap. 26.
30 Idem, ibid., lib. XIÏT,cap. i5.
31 Racine confond ici la république avec la mo-narchie: le peuple n’étoit rien sous les empereurs ;sa proLeelion étoit inutile et même nuisible ; il neiaisoit point de lois et 11e pouvoit en donner aucunedispense. Racine ne peut donc pas supposer aupeuple le droit de faire entrer Junie dans les vest.iles malgré les lois. Geoffroy.
Jl n'y a de méprise ici que celle de Geoffroy.Les lois politiques de l’empire romain étaient,sous les premiers Césars, les mêmes que celles dela république; et in peuple, pour lequel Néronmontra toujours beaucoup de déférence, devoitsurtout être ménage dans un événement tel quecelui delà mort de Rritannicus. Aicvan.
22 Ce vers, qui est de la conversation ordinaire,seroit au-de*sous du style tragique s’il n’étoit éga-lement relevé et par ce qui précède , et par ce quisuit. Deux vers du ton le plus noble peignent d’a-bord l'humiliation d’Agrippine :
Errant dans le palais sans suite et sans escorte,
La mère de César veille seule à sa porte.
Ces mots si simples , retournez dans votre appar-tement , acquièrent alors de la dignité , et en ren-dent à Agrippine ; cL quand elle répond ,
Albine , il ne faut pas s’éloigner un moment,le veux l’attendre ici,
l’on comprend pourquoi la mère de César est horsde son appartement à l’heure où elle devroily être.Un mauvais poète avoit commencé une mauvaisetragédie par ce vers :
Eh ! madame, rentrez dans votre appartement.