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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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HISTORIQUES. 5i3

La raisoD pourquoi le cardinal dilTéroit lant àaccorder les grâces quil avoit promises, c'est quilétoit persuadé que lespérance est bien plus capa-ble de retenir les hommes dans le devoir, quenon pas la reconiioissanee.

11 lie donna pas un sou au courrier qui apportala nouvelle de la pais de Munster , et ne lui payapas même son voyage, lempereur donnalin riche présent, et mille écus de pension à celuiqui la lui apporta. La reine de Suède lit nobleson courrier, fjervieu étoit au désespoir de celtevilenie.

Le même Siri, t. XIII, p. 9Ô0, dit que ce car-dinal avoit lartifice de trouver toujours quelquedéfaut aux plus belles actions des généraux dar-mée, non pas tant pour les rendre plus vigilantsà lavenir, que pour diminuer leurs services, etdélivrer le roi de la nécessité de les récompenser.Il dit cela à loccasion de la prise de Tortosc parle maréchal de Sebomborg.

Le cardinal Mazarin deslinoil à Turenne, sileût voulu se faire catholique , les plus grands em-plois et les premières dignités du royaume , avecune de ses nièces. Mais mademoiselle de bouillon,que la conversion de son frère aîné avoit mortel-lement affligée, fit son possible pour traversercette seconde conversion; et elle auroit mieux aimévoir Turenne sur un échafaud que devenu catho-lique.

Le cardinal Mazarin dit à Villeroi, quatre joursavant sa mort : On fait bien des choses en cet« état , quon ne fait pas se portant bien- Celui qui1 aies finances peut toujours tromper quand il veut : on a beau tenir les registres. »

Le cardinal Mazarin avoit recommandé au roitrois hommes : Colbert , Lescot joaillier , et Lata-bon des bâtiments. Deux jours avant sa mort, il vit

M. le Prince . M.. leur parla fort long temps et

fort affectueusement; et ils reconnurent après quilne leur avoilpas dit un mot de vrai.

M. COLBERT.

M. Colbert disoit quau commencement que leroi prit connoissance des aff,lires, ce prince lui ditet aux autres ministres : Je vous avoue franche-« ment que jai un fort grand penchant pour les1 plaisirs ; mais si vous vous apercevez quils me« fassent négliger mes affaires, je vous ordonne de« men avertir. »

On prétend que M. Colbert est mort mal con-tent ; que le roi lui ayant écrit peu de jours avantsa mort , pour lui commander de manger et deprendre soin de lui, il ne dit pas un mot aprèsquon lui eut lu cette lettre. On lui apporta unbouillou-dessus, et il le refusa. Madame Colbertlui dit * Ne voulez-vous pas répondre au roi ? 3 11lui dit : « Il est bieu temps de cela ; cest au roi« des rois quil faut que je songe à répondre. 3Comme elle lui disoit une autre fois quelque chosede cette nature, il lui dit : * Madame, quand jé-« mis dans ce cabinet à travailler pour les affai-« res du roi, ni vous ni les autres nosiez y en-« trer : et maintenant quil faut que je travaille

« aux affaires de mon salut, vous ne me laissez« point en repos. » |

Le vicaire de Sainl-Kustacbe ditàM. Colbert !quil avertirait les paroissiens au prône (le prierDieu pour sa santé :« Non pas cela, dit M. Colbert, \« mais bien quils prient Dieu de me faire misé-« ricorde. 1

Deux jours après sa mort, les bouchers de Pa.ris et les marchands forains «voient abandonné jSceaux, et alioient à Poissy : lettre de cachet, puisarrêt du conseil, pour les obliger de retourner àSceaux.

M. Mansard prétend quil y a trois ans que Col-bert étoit à charge au roi pour les bâtiments ; jus-que que le roi lui dit une fois : «Mansard , on« me donne trop de dégoûts, je ne veux plus soii-« ger à bâtir. »

La dépense des Lâtimeuts, en j. 685 , a monté àseize millions.

M. FOUQUET.

La reine-mère savoit quon arrêteroit M. Fou-quet. On laroitdil à Laigues, pour le dire à nia- idame de Chevrouse, afin quelle y disposât lareine : ce qui se fit à Darapierre. Villcroi le sutaussi. Le roi vouloit l'arrêter dans Vaux , mais lareine lui dit :Voulez-vous larrêter au milieu«dune fêle quil vous donne?

Le roi , peu avant le jugement de JT. Fouquet,dît à lu reine, dans son oratoire, quil vouloitquelle lui promît une chose quil lui demanduil tcéloit, si Fouquet étoit condamné, de ne luipoint demander sa grâce. I,e jour de larrêt, il ditchez mademoiselle de La J allière : « Sil eût été«condamné à mort, je laurois laissé mourir. »

Il dit aussi à Turenne , très fortement, de neplus se mêler de cette affaire.

M. DE TURKHKE.

11 . de Turenne espéroit gagner à la disgrâce deFouquet, et se flattoît dêtre chef du conseil desaffaires étrangères, comme Villeroi des finances :ci, voyant quil nen étoit rien, ne le pardonnajamais à M. Le Tellîcr.

Un peu avant la guerre de Lille , on ûla à lacharge de colonel-général de la cavalerie légèrela nomination de toutes les charges ; et Turennen'osa souiller, de peur de dégoûter le roi de lui ,cl quon 11e fît point la guerre. Un peu apres larevue de Mouchi , le roi dit à Turenne : < On«compte à Paris que voilà la soixantième revue.

On pensa commencer la guerre dès le commen-cement de 1666, mais il uv avoit rien de prêt.

Le roi en avoit fort envie. Lorsquon la commença,l'artillerie néloit pas prêle , et ce fut une des rai-sons qui fit qu'on sarrêta à réparer Charleroi,les Espagnols «voient laissé des demi-lunes entiè-res. De le roi alla à Avesnes, ou lit venir lareine cl madame de Monicspan. Feu Madamepersuada à mademoistdle de La Valbère, qui étoità Mouchi, de suivre la reine, et lui prêta un car-