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Jeudi 12 . J’ai été voir Hudelist, qui est revenude Dotis. L’excès du chagrin et du dépit l’a monté aupoint, qu’il m’a ouvert toute son âme. Il ne pardonnepas au comte Stadion d’être parti, beaucoup moinsencore de nous avoir laissé Metternich, dont il parleavec un mépris et une rage, qui m’a étonné, malgrétout ce que j’en savais. Il ne se contente pas de l’ac-cuser, comme moi, sur la légèreté inouie, avec laquelleil s’est chargé du porte-feuille; il prétend, qu’il l’a bri-gué de la manière la plus scandaleuse, et que pourcombler la mesure, il dit toute sorte de mal de sonprédécesseur. Son grand grief contre la marche actuellede la négociation, c’est qu’après avoir gâté la siennepar une conduite absolument déraisonnable, par unamour-propre déplacé et ridicule, et par des traits d’in-conséquence impardonnable (comme de s’être permisdes sarcasmes sur Bonaparte, sur Champagny etc.), ilse voit privé de l’espoir, qu’il avait, de traiter sespropres affaires. Hudelist prétend, qu’il n’a jamaisvoulu autre chose que la paix, l’empereur lui ayant faitsentir que s’il la faisait«, il resterait ministre, tandisque Stadion serait rappelé, si on était obligé de conti-nuer la guerre. Mais à force de s’imaginer, et de fairecroire à [l’empereur, qu’il ferait une paix glorieuse,il a manqué tous ses objets. Dans le conseil de samedidernier (auquel Hudelist a assisté) il a tenu encore laconduite la plus inconséquente, parlant paix et guerreselon le vent qui soufflait, y mêlant de nouveau dessarcasmes etc. — Il croit au reste, qu’il est impossible,qu’il se soutienne longtemps, quand même Napoléonne protesterait point contre lui; et il est assez pro-bable, qu’il n’en fera rien d’après ce que Bubna a dit