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Oeuvres Complètes De M. De Voltaire
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12 l E T T E E S

Ces jsaivu font grossièrement imités de ceux.de labbé Iíeguier de iacadémie, avec qui Fauteurna rien de commun ; ils finissent par ce vers :

J 1 ai vu ces maux et je ai sas vingt ans.

(îawtre mérite que celai de la satire. Cette pièce nen avaitpoint ssautre ; elle nétaic remarquable que par les injuresgrossières qui y étaient indignement répandues y er c'eft cequi lui donna un coins prodigieux: on oublia la bassessetìu style en faveur de la malignité de Pouvrage. Elle finissaitainíì : Jaivu ces maux et je n*aipas vingt ans.

Plusieurs personnes crurent que javais mis par- moncachet à ect indigne ouvrage ; on ne me fit pas Phonneurde croire que je pusse avoir assez de prudence pour medéguiser. Lauteur de cette misérable satire ne contribuap.is peu à ía faire courir fous mon nom» asin de mieuxcacher le sien. Quelques-uns mimputèrent cette pièce parmalignité , pour me décrier et pour me perdre; quelquesautres, qui Padmiraicnt bonnement» me l'attribuèrentpour men faire honneur; ainíì un ouvrage que je navaispoint fait, et méme que je navais point encore vu alors -m'attira de tous côtés des malédictions Odes louanges.

Je me souviens que parlant par une petite ville de pro-vince, les beaux esprits du lieu nie prièrent de leur récitercette pièce quils disaient être un chef-d'œuvre ; jeus beauleur répondre que je neu étais point fauteur et que lapièce était miscrahle ; iîs ne men crurent point fur maparole ; ils admirèrent ma retenue, et jacquis ainsi auprèsd'eox , faus y penser, la réputation ti'un grand poète et'un homme fort modeste.

Cependant, ceux quimavaient attribué çe malheureuxouvrage, continuèrent à me rendre responsable de toutesles sottises qui se débitaient dans Paris , et que moi-mémeje dédaignais de lire. Quand un homme a cu le malheur«{'être calomnié une fois, on dit qu'il le fera lcug-temps.On mafiure que de tontes les modes de cepays-ci, c'cstcelle qui dure davantage.

la justification est venue , quoiquun peu tard ; le calom-niateur aligné, les latines aux yeux, le désaveu de fa