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Ces jsaivu font grossièrement imités de ceux.de l’abbé Iíeguier de i’académie, avec qui Fauteurn’a rien de commun ; ils finissent par ce vers :
J 1 ai vu ces maux et je rì ai sas vingt ans.
(î’awtre mérite que celai de la satire. Cette pièce n’en avaitpoint ssautre ; elle n’étaic remarquable que par les injuresgrossières qui y étaient indignement répandues y er c'eft cequi lui donna un coins prodigieux: on oublia la bassessetìu style en faveur de la malignité de Pouvrage. Elle finissaitainíì : J’aivu ces maux et je n*aipas vingt ans.
Plusieurs personnes crurent que j’avais mis par-lâ moncachet à ect indigne ouvrage ; on ne me fit pas Phonneurde croire que je pusse avoir assez de prudence pour medéguiser. L’auteur de cette misérable satire ne contribuap.is peu à ía faire courir fous mon nom» asin de mieuxcacher le sien. Quelques-uns m’imputèrent cette pièce parmalignité , pour me décrier et pour me perdre; quelquesautres, qui Padmiraicnt bonnement» me l'attribuèrentpour m’en faire honneur; ainíì un ouvrage que je n’avaispoint fait, et méme que je n’avais point encore vu alors -m'attira de tous côtés des malédictions Odes louanges.
Je me souviens que parlant par une petite ville de pro-vince, les beaux esprits du lieu nie prièrent de leur récitercette pièce qu’ils disaient être un chef-d'œuvre ; j’eus beauleur répondre que je n’eu étais point fauteur et que lapièce était miscrahle ; iîs ne m’en crurent point fur maparole ; ils admirèrent ma retenue, et j’acquis ainsi auprèsd'eox , faus y penser, la réputation ti'un grand poète etfî'un homme fort modeste.
Cependant, ceux quim’avaient attribué çe malheureuxouvrage, continuèrent à me rendre responsable de toutesles sottises qui se débitaient dans Paris , et que moi-mémeje dédaignais de lire. Quand un homme a cu le malheur«{'être calomnié une fois, on dit qu'il le fera lcug-temps.On m’afiure que de tontes les modes de cepays-ci, c'cstcelle qui dure davantage.
la justification est venue , quoiqu’un peu tard ; le calom-niateur aligné, les latines aux yeux, le désaveu de fa