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Oeuvres Complètes De M. De Voltaire
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SUR OEDÏPE. ; ;

a îa richesse de la rime toutes les autres beautésde la poéíìe, et cjuoa cherche plutôt à plaireà loreille quau cœur et à lcsprit. On poussemémo la tyrannie jusqu a exiger quon rime pourles yeux encore plus que pour les oreilles. Je/crois , jabnerois etc. ne se prononcent pointautrement que traits et attraits : cependant onprétend que ces mots ne riment point ensemble,parcs quun mauvais usage veut quoii les écrivedifféremment. M. Racine avait mis dans son.Andromaque :

Men croirez-vous ? Lassé de ses trompeurs attraits,

Au lieu de leulever, Seigneur, je la fuírois.

Le scrupule lui prit, et il ôta la rim c fuir ois quime parait, à ne consulter que loreille, beaucoupplus juste que celle de jamais quil lui substitua.

La bizarrerie de lusage, ou plutôt des hommesqui 1établissent, est étrange fur ce sujet comme surbien dautres. On permet que le mot abhorre , quia deux r , rime avec encore qui nen a quune. Parla même raison, tonnerre et terre devraient rimeravec père et mère : cependant on ne le souffre pas,et personne ne réclame contre cette injustice..

II me paraît que la poésie française y gagneraitbeaucoup, si lon voulait secouer le joug de Cetusage déraisonnable et tyrannique. Donner auxauteurs de nouvelles rimes, ce serait leur donner denouvelles pensées ; car lastujettissement à la rimefait que souvent on ne trouve dans la langue quunseul mot qui puiffe finir un vers : on ne dit presquejamais ce quon voulait dire ; on ne peut se servir