SUROEDIPE. 6 1
dans mes lettres , je n’ai eu dessein de volerpersonne.
II y a dans les Horaces :
Est-cc vous, Curiace ? en croirai-je mes yeux ?
Et dans ma pièce il y avait :
Est-ce vous, Philoetete ? en croirai-je mes yeux ?
J’espère qu’on me fera l’honneur de croire quej’aurais bien trouvé tout í’eul un pareil vers. Je l’aáchangé cependant, auffî-bien que plusieurs autres,ec je voudrais que tous les défauts dc mon ouvragefussent aussi aises à corriger que celui-là.
On m’apporte en ce moment une nouvelle criti-que de mon Oedipe : celle-ci me paraît moinsinstructive que l’autre, mais beaucoup plus ma-ligne. La première est d’un religieux , à ce qu’onvient de me dire ; la seconde est d’un homme delettres : et ce qui est assez singulier , c est que lereligieux possède mieux le théâtre , et l’autre , lesarcasme. Le premier a voulu m'éclairer, eí y aréussi : le second a voulu m'outrager , mais il n’enest point venu à bout. Je lui pardonne fans peineses injures, en faveur de quelques traits ingénieuxet plaisans dont son ouvrage m’a paru semé. Sesrailleries m’ont plus diverti qu’elles ne m’ont■offensé ; et même de tous ceux qui ont vu cettesatire en manuscrit, je suis celui qui en ai jugé leplus avantageusement. Peut-être ne l’ai-je trouvéebonne, que par la crainte où jetais de succomber•à la tentation de la trouver mauvaise: le publicjugera de son prix.
Ce censeur assure dans son ouvrage que matra»