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tant rebattus depuis quelques années» ne valentpas une scène de génie, et qu’il y a bien plusà apprendre dans Polyeucte et dans Cinna, quedans tous les préceptes de l’abbé à’Aubiguac:Sévère et Pattline font les véritables maîtres deFart. Tant de livres faits fur la peinture par desconnaisseurs n’instruiront pas tant un élève, quela feule vue Tune tête de Raghaïl.
Les principes de tous les arts qui dépendentde l’imagination font tous aisés et simples, touspuisés dans la nature et dans la raison. LesPra-dons et les Boyers les ont connus aussi-bien queles Corneilles et les Racines ; la différence n’aété et ne fera jamais' que dans l’application. Lesauteurs d’Armide et d’Iffé, et les plus, mauvaiscompositeurs, ont eu les mêmes règles de musique.Le Pouffai a travaillé fur les mêmes principesque Vignon. 11 paraît donc aussi inutile de parlerde règles à la tête d’une tragédie, qu’il le ferait àun peintre de prévenir le public par des disserta-tions fur fes tableaux, ou à un musicien de vouloirdémontrer que fa musique doit plaire.
Mais puisque M. de la Motte veut établir desrègles toutes contraires à celles qui ont guidénos grands maîtres, il est juste dc défendre cesanciennes lois, non pas parce qu’elles font anciennés, mais parce qu’elles font bonnes et nécessaires.
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