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Oeuvres Complètes De M. De Voltaire
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ACTE TROISIEME. 393

Hélas ! combien de fois de mes douleurs pressée,Quand le fort de mon fils accablait ma pensée,

Et quun léger sommeil venait enfin couvrir

* Mes yeux trempés de pleurs et lassés de s'ouvrir rCombien de fois cesdienx ont semblé me prescrireDe vous donner ma main, mon cœur et mon Empire.Cependant, quand je touche au moment fortuné

vous montez au trône à mon fils destiné,

Le ciel et les enfers alarment mon courage ;

Je vois les dieux armés , condamner leur ouvrage:

* Et vous seul minspirez plus de trouble et deffroi,

» Que le ciel et ces morts irrités contre moi.

* Je tremble en vous donnant ce sacré diadème 5

» Ma bouche en frémissant prononce, je vous aime.

* Dun pouvoir inconnu l'invincible ascendant

* Menti aine ici vers vous , men repousse à linstar.t;

» Et par un sentiment que je ne puis comprendre,

» Mêle une horreur affreuse à lamour le plus tendre.

A L C M E O N.

Quels momens! quel mélange, ô Dieux qui mécoutez,Détonnement, d'horreurs, et de Félicités !

Lorgueil de vous aimer, le bonheur de vous plaire,

Vos terreurs, vos bontés, la céleste colère ,

Tant de biens , tant de maux me pressent à la fois ,

Que mes sens accablés succombent fous leur poids.Encor loin de ce rang que vos bontés mapprêtent,

Ceft fut vos seuls dangers que mes regards sarrêtent.Ccst pour vous délivrer de ce péril nouveau,

Que votre époux lui-même a quitté le tombeau.

Vous avez dun barbare entendu la menace;

nepent point aller fa criminelle audace?

Souffrez quau palais même assemblant vos soldats ,Jassure aumoias vos jours contre ses attentats;