4 AVERTISSEMENT
II n’en avait trouvé de modèles, ni chez lesGrecs, ni chez aucun peuple moderne, exceptédans les pastorales italiennes. L’art de rendreces caractères dignes de la tragédie, lui appar-tient tout entier. A la vérité, ces rôles ne fontpoint d’un grand effet au théâtre, à moins qu’ilsne soient joués par une actrice dont la figure etla voix soient dignes des vers de Racine ; maisils feront toujours les délices des âmes ten-dres , et des hommes sensibles aux charmes dela belle poésie.
M. de Voltaire admirait le rôle ídAcomat.Ce rôle et celui de Burrhus sont encore de cesbeautés dont Racine n’avait point eu de modè-les. En travaillant le même sujet que Racineet Corneille , M. de Voltaire voulut que ni sa-luante abandonnée, ni le héros, ni l’amantepréférée ne fussent avilis. C’est d’après cetteidée que toute fa pièce a été combinée.
La fuite de Zulime, fa révolte contre son pèrefont des crimes ; mais il n’y a dans ces crimesni trahison ni cruauté. Hermione,Roxane,Phèdreintéressent par leurs malheurs, et fur-tout parl’excès de leur passion ; mais les crimes qu’ellescommettent ne font pas de ces actions où lapassion peut conduire des âmes vertueuses. Lesemportemens de Zulime , au contraire , fontceux d’une ame entraînée par son amour, mais