ACTE PREMIER. 21
J’étais votre captive, et vous ma protectrice ;
Je ne pouvais prétendre à ce grand sacrifice.
AI ais Ramire! un he'ros d u ciel abandonné,
Lui qui, de Bénassar esclave infortuné,
A prodigué son sang pour Bénaísar lui-même ;
Enfin , que vous aimez... .
Z u u I M E.
Atide , fi je l’aime ?
C’est toi qui découvris, dans mes esprits troublés,
De mon secret penchant les traits mal démêlés.
C’est toi qui les nourris, chère Atide; et peut-être.,
Ên me parlant de lui c’est toi qui les fis naître.
C’est toi qui commenqas mon téméraire amour;
Ramire a fait le reste en me sauvant le jour.
J’ai cru fuir nos tyrans, et j’ai suivi Ramire :J’abandonne pour lui parens, peuples, empire ;
Et frémissant encor de ses périls passés,
J’ai craint dans mon amour de n’cn point faire asses,Cependant, loin de moi se peut-il qu’il s’arrête ?
Quoi ! Ramire aujourd’hui trop sûr de sa conquête.
Ne prévient point mes pas, ne vient point consolerCe coeur trop asservi, que lui seul peut troubler îATIDE.
Eh ! ne voyez-vous pas avec quelle prudenceDe Renvoyé dun père il Fuyait la présence ?z u L i m E.
J’ai tort, je te l’avoue : il a dû s’écarter;
Mais pourquoi si long-temps ?
ATIDE.
A ne vous point flatter,Tant d’amour, tant de crainte et de délicatesseConviennent mal , peut-être, au péril qui nous presse ;