Sauvez le sang des dieux, et de vos souverains ;ïl est seul, sans défense, il est entre vos mains.
Qu’il vive, et e’est assez. Heureuse en mes misères*Lui seul il me rendra mon époux , et ses frères.
Vous voyez avec moi ses aïeux à genoux,
Votre roi dans les fers.
E G I S T H E.
O Reine, levez - vous,
Et daignez me prouver que Cresphonte est mon père ,En cessant d’avilir, et sa veuve , et ma mère.
Je sais peu de mes droits quelle est la dignité ;
Mais le ciel tn’a fait naître avec trop de fierté,
Avec un c<mr trop hjjiut, pour qu'un tyran l’abaiíTe.De mon premier état j’ai bravé la bassesse,
Et mes yeux du présent ne sont point éblouis.
Je me sens né des rois, je me sens votre fils.
Hercule, ainsi que moi, commença fa carrière ;
II sentit l’infortune en ouvrant la paupière 5Et les dieux l’ont conduit â l’immortalité,
Pour avoir, comme moi, vaincu l’adverfité.
8'il m’a transmis son sang, j’en aurai le courage.Mourir digne de vous, voilà mon héritage.
Lestez de le prier, cessez de démentirLe sang des demi-dieux dont on me fait sortir.
P O L Y P H O N T E :i Mérope.
Hé bien, il Faut ici nous expliquer sans Feinte.
Je prends part aux douleurs dont vous êtes atteinte*Son courage me plaît; je l’estime, et je croisOuïl mérite en effet d’étre du sang des rois.
Mais une vérité d’uue telle importance
K’est pas de ces secrets qu’on croît fans évidence.
Je le prends fous ma garde, il m’est déjà remis ;
Et s’il est né de vous, je l’adopte pour fils.
Théâtre, Tome III. Y