SUR t A TRAGEDIE. )0faurait pu dire à Saiil , quand l’ombre de Samuelvint lui annoncer sa condamnation.
Je vais plus avant* et j’ofe affirmer que lors.qu’un tel prodige est annoncé dans le commen-cement d’une tragédie, quand il est préparé,quand on est parvenu enfin jusqu’au point de lerendre nécessaire , de le faire désirer même parles spectateurs , il se place alors au rang desahoses naturelles.
On fait bien que ces grands artifices ne doiventpas être prodigués.
Nec Deus interjìf , nijì itgntis viniici moius.
Je ne voudrais pas assurément, à limitation à’Eu-ripide , faire descendre Diane à la fin de la tra-gédie de Phèdre , ni Minerve dans l’Iphigénieen Tauride. Je ne voudrais pas, comme Shakes-peare , faire apparaître à Brutus son mauvaisgénie. Je voudrais que de telles hardiesses nefussent employées que quand elles servent à lafois à mettre dans la pièce de l’intrigue et de laterreur: et je voudrais , fur- tout, que i’inter-vention de ces êtres surnaturels ne parût pas ab-solument nécessaire. Je m’esplique : si le nœudd’un poème tragique est tellement embrouillé ,qu’on ne puisse se tirer d’embarras que par le se»cours d’un prodige, le spectateur sent la gêne oùl’auteur s’est mis , et la faiblesse de la ressource,U ne voit qu’un écrivain qui se tire mal - adroi.