ACTE PREMIER.
JÎI
OTA NE.
Madame, en cette cour,
Arzace auprès du temple a devancé le jour.
SEMIRAMIS.
Cette voix formidable, infernale , ou céleste,
Qui dans l’ombre des nuits pouffe un cri si funeste.,M’avertit que le jour qu’Arzace doit venir ,
Mes douloureux tourmens seront prêts à finir,o t a N E.
Au sein de ces horreurs goûtez donc quelque joie :Espérez dans ces dieux dont le bras se déploie.SEMIRAMIS.
Arzace est dans ma cour !.. Ah ! je sens qu’à son nomL’horreur de mon forfait trouble moins ma raison.
O T A N E.
Petdez-en pour jamais l’importune mémoire ;
Que de Sémiramis les beaux jours pleins de gloireEffacent ce moment heureux ou malheureux ,
Qui d’un fatal hymen brisa le joug affreux.
Ninus en vous chaffant de fou lit et du trône;
En vous perdant, Madame, eût perdu Babylone.
Pour le bien des mortels vous prévîntes ses coups»Babylone et la terre avaient besoin de vous :
Et quinze ans de vertus et de travaux utiles,
Les arides déserts par vous rendus fertiles,
Les sauvages humains soumis au frein-des lois,
Les arts dans nos cités naiffans à votre voix ,
Ces hardis monumens, que l’imivers admire ,
Les acclamations de ce puissant empire,
Sont autant de témoins, dont le cri glorieuxA déposé pour vous au tribunal des dieux.
Enfin, si leur justice emportait la balance,
Si la mort de Ninus excitait leur vengeance,