ACTE SECOND.
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SCENE IV.
ASSUR, CEDA R.
A S S V R.
Obéir ! ah! ce mot fait trop rougir mon front,'J’en ai trop dévoré Pinfupportable affront.
Parle, as-tu réussi? Ces semences de haine,
Que nos foins en secret cultivaient avec peine,Tourront-elles porter, au .gré de ma Fureur,
Les fruits que j’eu attends de discorde et d'horreur?
C E D A R.
J’ose espérer beaucoup. Le peuple enfin commenceA sortir du respect, et de ce long silenceOù le nom , les exploits, l’art de Sémiramis,
Ont enchaîné les cœurs étonnés et soumis.
On veut un successeur au trône d’Assyrie,
Et quiconque, Seigneur, aime encor la patrie,
Ou qui, gagné par moi se vante de Palmer,
Dit qu’il nous faut un maître, et qu’il faut vous nommer.
ASSUR.
Chagrins toujours cuisans! hante toujours nouvelle!Quoi ! ma gloire, mon rang, mon destin dépend d’elle !Quoi ! j’aurais fait mourir et Ninus et son fils ,
Pour ramper le premier devant Sémiramis,
Pour languir dans l’éclat d’une illustre disgrâce.
Près du trône du monde à la seconde place !
La reine se bornait à la mort d’un époux ;
Maïs j’étendis plus loin ma fureur et mes coups.Ninias, en secret privé de la lumière,
Du trône où j’aspirais m’entr’ouvrait la barrière,
Qjiand fa puissants main la ferma fous mes pas.