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SOPHONISBE
A L A M A E.
Nous vous en tracerons dans le sang des RomainsMASSINISSE.
Enlevons Sophor.isbe, arrachons cette proieAux brigands insolens qu’un Sénat nous envoie JEffaçons dans leur sang le crime trop honteux,
Et le malheur, surtout, d’avoir vaincu pour eux.Annibal n’est pas loin ; croyez que ce grand hommePeut encore une fois se montrer devant Rome;
Mais à nos fiers tyrans fermons-en le retour.
Que ces bords Africains, que ce sanglant séjourDeviennent par vos mains le tombeau de ces traîtresOui, f us le nom d’amis, font nos barbares maîtres.La nuit approche , allez, je viendrai vous guider ;Les vaincus enhardis pourront nous seconder.
Vous savez en ces lieux combien Rome est haie ;
Et tout homme est soldat contre la tyrannie.
Préparez les esprits irrités et jaloux,
Sans leur rien découvrir enflammez leur courroux :Aux premiers coups portés , aux premières alarmes,Au nom de Sophonisbe, ils voleront aux armes:Nos maîtres prétendus, plongés dans le sommeil,Verront entre mes mains la mort à leur réveil.
A r, A M A E.
Si l’on ne prévient pas cette grande entreprise,’
Le succès en est sûr, et tout nous Favorise.
Nous suivons MeffinííTe : et ces tyrans surprisVont payer de leur sang leurs superbes mépris.MASSINISSE.
Revokz à mon camp, je vous joins dans une heure;J’arraohe 8ophonii.be à fa triste demeure.
Je marche ì votre tête; et s’ii vous faut périr,fiies amis, j’ai fil vaincre, et je saurai mourir.
SCENE 111.