3 ç6 9 0 PHONISBE.
( U les lui montre. )
En est-ce assez? vos yeux s’ouvriront-ils enfin?Avez-vous contre moi quelque droit légitime?
Vous plaindrez vous toujours que Rome vous opprime ?
MASSINISS E.
Oui. Quand dans la Fureur de mes resssntimensJe fis entre vos mains ces malheureux Fermens,
Je voulais me venger d’une reine ennemie.
De mon creur irrité je' la croyais haïe ;
Vos yeux furent témoins de mes jaloux transports ;Ils étaient imprudens , mais vous m’aimiez alors sJe vous c nfioi tout, ma colère et ma flammesJ’ai revu Sophonisbe et j’ai connu son 5me:
Tout est changé , mon coeur est rentré dans ses droits ;la veuve de Siphax a mérité mon choix-.
Elle est reine, elle est digne encor d’un plus grand titre.De son sort et du mien j’étais le seul arbitre ;
Je devais l’être au moins: je l’aime, c’est assez;Sophonisbe est ma Femme, et vous la ravissez !
SCIPION.
Elle n’est point à vous, elle est notre captive *
La loi des Nations pour jamais vous en prive.
Rome ne peut changer ses résolutionsAu gré de vos erreurs et de vos passions.
Je ne veux point ici vous parler de moi- même 5Mais jeune comme vous, et dans un rang suprême j,Vous savez li mon cœur a jamais succombéA ce piège fatal où vous êtes tombé.
Soyez digne de vous ; vous pouvez encor l’étre.
M A S S I N I S S E.
II est vrai qu’en Espagne où vous régnez en maître,Le foin de contenir un peuple effarouché,
&a gloire, l’intérêt, Seigneur, vous ont touché.