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Oeuvres Complètes De M. De Voltaire
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3 ç6 9 0 PHONISBE.

( U les lui montre. )

En est-ce assez? vos yeux souvriront-ils enfin?Avez-vous contre moi quelque droit légitime?

Vous plaindrez vous toujours que Rome vous opprime ?

MASSINISS E.

Oui. Quand dans la Fureur de mes resssntimensJe fis entre vos mains ces malheureux Fermens,

Je voulais me venger dune reine ennemie.

De mon creur irrité je' la croyais haïe ;

Vos yeux furent témoins de mes jaloux transports ;Ils étaient imprudens , mais vous maimiez alors sJe vous c nfioi tout, ma colère et ma flammesJai revu Sophonisbe et jai connu son 5me:

Tout est changé , mon coeur est rentré dans ses droits ;la veuve de Siphax a mérité mon choix-.

Elle est reine, elle est digne encor dun plus grand titre.De son sort et du mien jétais le seul arbitre ;

Je devais lêtre au moins: je laime, cest assez;Sophonisbe est ma Femme, et vous la ravissez !

SCIPION.

Elle nest point à vous, elle est notre captive *

La loi des Nations pour jamais vous en prive.

Rome ne peut changer ses résolutionsAu gré de vos erreurs et de vos passions.

Je ne veux point ici vous parler de moi- même 5Mais jeune comme vous, et dans un rang suprême j,Vous savez li mon cœur a jamais succombéA ce piège fatal vous êtes tombé.

Soyez digne de vous ; vous pouvez encor létre.

M A S S I N I S S E.

II est vrai quen Espagne vous régnez en maître,Le foin de contenir un peuple effarouché,

&a gloire, lintérêt, Seigneur, vous ont touché.