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ACTE SECOND.
II a pris fur les siens, égaux par la valeur,
Ce secret ascendant que se donne un grand coeur:
Et peu de nos Cretois ont connu >'avantageO'atteindre à fa vertu , quoique dure et sauvage.
Si de pareils soldats pouvaient marcher fous vous,
On verrait tous ces grands si puissans, si jalouxDe votre autorité' qu’ils osent méconnaître,
Porter le jo ng paisible, et chérir un bon maître.Nous voulions asservir des peuples généreux;
Pesons mieux , gagnons-lcs ; c’est-là régner fur eux.
T E U C E R.
Je le fais. Ce projet peut fans doute être utile;
Mais il ouvre la porte à la guerre civile.
A ce remède affreux faut-il m’abandonner?
Faut-il perdre l’Etat pour le mieux gouverner?
Je veux sauver les jours d’une jeune barbare,
Du sang des citoyens ferai-je moins avare?
II le faut avouer : je fuis bien malheureux!
N’ai-je donc des sujets que pour m’armer contr’eux ?Pilote environné d’un éternel orage,
Nc pourrai-je obtenir qu’im illustre naufrage ?
Ah ! je ne fuis pas roi, si je ne fais le bien.
r> i c T I M E.
Quoi donc, contre les lois la vertu 11e peut rien îLe préjugé fait tout ! Phares impitoyableMaintiendra, malgré vous, cette toi détestable !
II domine ail sénat ! On ne veut désormaisNi d’ossres de rançon, ni d’accnrd, ni de paix !
T E U C E R.
Quel que soit son pouvoir, et l’orgueil qui l’animeVa, le cruel du moins n'aura point fa victime;
Va, dans ces mêmes lieux profanés si tong-temps,J’arraeherai leur proie à ces monstres sanglant.