A M. D’ Á L E M B E E T. 8?
félicité publique : mon ami doit être trop heu-reux si vous ne désapprouvez pas Dom Pèdre ;c’est à vous de juger les rois et les connétables :j’en dis autant au magistrat qui entre aujourd’huidans l’académie. Puisse-î-il être chargé un jourdu foin de cette félicité publique ! C*)
J’íjouterai encore que le divin Arioste ne seborne pas à nommer les hommes de son tempsqui fesoient honneur à l’Italîe, et pour lesquels ilécrivait; il nomme l’iílustre Julie de Gonzague ,et la veuve immortelle du marquis de Pescara ,et des princesses de la maison ù’Eft et de Mala-tcjìa , et des Borgia , des Sforzes , des Trivuices,etsor-tout des dames célèbres feulement par leuresprit, leur goût et leurs talens. On en pourraitfaite autant en France , si on avait un Ariojìe.Je vous nommerais plus d’une dame dont lesuffrage doit décider avec vous du fort d’un ou-vrage , si je ne craignais d’exposcr leur mérite etleur modestie aux sarcasmes de quelques pédansgrossiers, qui n’ont ni l'un ni l’autre , ou de quel-ques futiles petits-maîtres qui pensent ridiculisertoute vertu par une plaisanterie.
Si un folliculaire dit que je n’ai donné de sijustes éloges à ceux que je prends pour juges demon ami qu’afin de les lui rendre Favorables , jeréponds d’avance que je confirme ces éloges û
<.*) M. de Malherbe.