DISCOURS
HISTORIQUE ET CRITIQUE
Sur la tragédie de Dom Pèdre.
Il est très-inutile de savoir quel est le jeune au-teur de cette tragédie nouvelle qui, dans la fouledes pièces de théâtre dont l’Europe est accablée,ne pourra être lue que d’un très - petit nombred’amateurs qui en parcourront quelques pages.Lorsque sart dramatique est parvenu à sa perfec-tion chez une nation éclairée, on le néglige. Onse tourne avec raison vers d’autres études. LestArijlotcs et les Platorn succèdent aux Sophocleset aux Euripides. II est vrai que la philosophiedevrait former le goût,mais souvent elle l'émousss;et fi vous exceptez quelques âmes priviligiées,quiconque est profondément occupé d’un art estd’ordinaire insensible à tout le reste.
S’il est encore quelques esprits qui consententà perdre une demi-heure dans la lecture d'unetragédie nouvelle , on doit leur tjire d’abord quece n’est point celle de M. du Belioy qu’on leurprésente. L’illustre auteur du siège de Calais adonné au théâtre de Paris une tragédie de Pierrele cruel, mais ne l’a point imprimée. 11 y a long-temps que fauteur de Dom Pèdre avait esquisséquelque chose d’un plan de ce sujet. M. du Bellayqui le sut eut la condescendance de lui écrìr?Théâtre. Tome Fl. H