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A M. L’ABBÌ SERVIE N,
Et la vertueuse faiblesseD’une maîtresse
Qui lui Fait, en fuyant, un fi charmant aveu.
Ah! pouvez-vous donner ces leçons de tendresse,Vous qui les pratiquez fi peu ?
C’est ainfi que Marot, fur fa lyre incrédule,
D u dieu qu’il méconnut prôna la sainteté :
Vous avez pour l’Amour auffi peu de scrupule 5Vous ne le servez point, et vous l’avez chanté.
Adieu ; malgré mes épilogues,
Fuissiez-von s pourtant tous les ansMe lire deux ou trois romans,
Et taxer quatre synagogues ! (i)
EPITRE III.
A M. L’ A B B É S E R V I E N,Prisonnier au chètiuu de Vincennes .
1714.
.Aimable Abbé, dans Paris autrefoisLa Volupté de toi reçu t des lois;
Les Ris badins, les Grâces enjouées,
A te servir dès long-temps dévouées,
Et dès long-temps fuyant les yeux du roi,Marchaient souvent entre Philippe et toi;
Te prodiguaient leurs faveurs libérales ,
( I ) Madame la comtesse de Fontaine était fille du marquisde Giiri , commandant de Metz, qui avait favorisé Réta-blissement des juifs dans cette ville : cenxci,par reconnaissance,lui avaient fait une pension considérable qui était pafìéeàseSenfans. Le roman de la comtejfe ie Savoie > alors manuscrit»a été imprimé en 1722.