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Oeuvres Complètes De M. De Voltaire
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A M. L’ABBÌ SERVIE N,

Et la vertueuse faiblesseD’une maîtresse

Qui lui Fait, en fuyant, un fi charmant aveu.

Ah! pouvez-vous donner ces leçons de tendresse,Vous qui les pratiquez fi peu ?

C’est ainfi que Marot, fur fa lyre incrédule,

D u dieu qu’il méconnut prôna la sainteté :

Vous avez pour l’Amour auffi peu de scrupule 5Vous ne le servez point, et vous l’avez chanté.

Adieu ; malgré mes épilogues,

Fuissiez-von s pourtant tous les ansMe lire deux ou trois romans,

Et taxer quatre synagogues ! (i)

EPITRE III.

A M. L’ A B B É S E R V I E N,Prisonnier au chètiuu de Vincennes .

1714.

.Aimable Abbé, dans Paris autrefoisLa Volupté de toi reçu t des lois;

Les Ris badins, les Grâces enjouées,

A te servir dès long-temps dévouées,

Et dès long-temps fuyant les yeux du roi,Marchaient souvent entre Philippe et toi;

Te prodiguaient leurs faveurs libérales ,

( I ) Madame la comtesse de Fontaine était fille du marquisde Giiri , commandant de Metz, qui avait favorisé Réta-blissement des juifs dans cette ville : cenxci,par reconnaissance,lui avaient fait une pension considérable qui était pafìéeàseSenfans. Le roman de la comtejfe ie Savoie > alors manuscrit»a été imprimé en 1722.