*73
A D A F H N É.
Quand vos talens entraînent au théâtreUn peuple entier, de votre art idolâtre,
Et font valoir qtielque ouvrage nouveau ;
Un possédé, dates le fond d’un tonneau (4)
Qu’on coupe en deux , et qtt’mi vieux dais surmonte,Crie au scandale, à l’horreor, à la honte,
Et vous dépeint an publie abuséComme un démon en fille déguisé.
Ainsi toujunrs unissant les contraires,
Nos chers Français dans leurs tètes légères, (5)Que tous les vents font tourner à leur gré ,
Vont diffamer ce qu’ils ont admiré.
O mes amis , raisonnez , je vous prie ;
Un mot suffit. Si est art est impie ,
Sans répugnance il le faut abjurer;
S’il ne Test pas, il le faut honorer.
VARIANTES.
(«) Après ces vers.
Est dangereuse, et Fauteur hérétique.on lisait ceux-ci, qui terminaient l’épître.
Mais s’il compose un ouvrage nouveauQui puisse plaire à Boufllí-rs, à Beauvau,
Á'ce vainqueur des Anglais et des belles,
Qui ne trouva ni rivaux ni cruelles;
Si le bon goût du généreux ChoifsuilA ses travaux fait un honnête accueil,
S’il trouve grâce aux yeux de la marquise,Du seul mérite en plus d’un genre éprise ;
S’il satisfait la Vailiers ct d’Ayen,
Malheur, à lui : la cohorte empestéeDamne mon homme , et le journal chrétienSecrètement vous le déclare athée.
( 4 ) I.’autenr anglais a fans doute en vue les chaires despresbytériens.
( ; ) Le traducteur transporte toujours ht scène à Paris.