SOUS M A Z A K I N. ZZ9
due d’esprit prodigieuse, et un génie presque di-vin , dans çeux qui ont gouverné des Empiresavec quelque succès. Ce n’est point une pénétra-tion supérieure, qui fait les hommes d’Etat, c’estleur caractère. Les hommes, pour peu qu’ilsaient de bon sens, voient tous à peu près leursintérêts. Un bourgeois d'Amsterdam ou de Berneen fait fur ce point autant que Sèjan , Ximenès ,Buckingham, Richelieu ou Mazarìn \ mais notreconduite et nos entreprises dépendentuniquementde la trempe de notre ame, et nos succès dépen-dent de la fortune.
Par exemple, si un génie, tel que le papeAlexandre VI ou Borgia son fils, avait eu la Ro-chelle à prendre, il aurait invité dans son camples principaux chefs fous un ferment sacré , et seserait défait d’eux, Mazarìn serait entré dans laville deux ou trois ans plus tard, en gagnant eten divisant les bourgeois. Dom Louis de Haron’eût pas hasardé l’entreprise. Richelieu fit unedigue fur la mer à l’exemple à’Alexandre et entradans la Rochelle en conquérant ; mais une maréeun peu forte, ou un peu plus de diligence de lapart des Anglais, délivraient la Rochelle, et lé-saient passer Richelieu pour un téméraire.
On peut juger du caractère des hommes parleurs entreprises. On peut bien assurer que l’arnede Richelieu respirait la hauteur et la vengeance ;que Mazarìn était sage, souple et avide de biens.Mais pour connaître à quel point un ministre a del’esprit, il faut ou l’entendre souvent parler , oulire ce qu’il a écrit, 11 arrive souvent parmi les
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