AMBASSADE DE SIAM. lit
ignoré jusqu alors que la' France existât. II étaitarrivé .. par une de ces singularités qui prouvent lasupériorité des Européens fur les autres nations ,qu’un grec, fils d’un cabaretier de Céphalonie ,nommé Phalk Constance , était devenu barcalon:c’est-à-dire premier ministre ou grand-visir dtiroyaume de Siam. Cet homme , dans le dessein des’aflermir et de s’élever encore, et dans le besoinqu’il avait de secours étrangers, n’avait osé se con-fier ni aux Anglais ni aux\ Hollandais ; ce font desvoisins trop dangereux dans les Indes. Les Fran-çais venaient d’établir des comptoirs fur les côtesde Coromandel, et avaient porté dans ces extré-mités de l’Asie la réputation de leur roi. Constancecrut Louis XIV propre à être flatté par un hom-mage qui viendrait de fi loin fans être attendu. Lareligion, dont les ressorts fortt jouer la politique dumonde depuis Siatn jusqu’à Paris, servit encoreà’ses desseins, II envoya , au nom du roi de Siamson maître , une solennelle ambassade avec degrands présens à Louis XIV , pour lui faire enten-dre que ce roi indien, charmé de fa gloire, nevoulait faire de traité de commerce qu’avec la na-tion française , et qu’il n’était pas même éloigné defe faire chrétien. La grandeur d u roi flattée , et fareligion trompée, I’engagèrent à envoyer au roi deSiam deux ambassadeurs et six jésuites ; et depuis ily joignit des officiers avec huit cents soldats : maisl’éclat de cette ambassade siamoise fut le seul fruitqu’on en retira. Confiance périt quatre ans après ,victime de son ambition : quelque peu des françaisqui restèrent auprès de lui furent massacrés, d’autresobligés de fuir ; et fa veuve, après avoir été fur le