D’ í S P A G N S. 179
On ne savait encore quel parti prendre dans leconseil de Madrid , et Charles II approchait dutombeau, plus incertain que jamais. L’empereurLèopçhi piqué rappela son ambassadeur le comtede Harracb ; mais bientôt après il le renvoya àMadrid, et les espérances en faveur de la maisond’Autriche se rétablirent. Le roi d’Espagne écri-vit à l’empereur qu’il choisirait l’archiduc pourson successeur. Alors le roi de France menaçant àson tour assembla une armée vers les frontièresd’Espagne., et ce même marquis d 'Harcourt futrappelé de son ambassade pour commander cettearmée. II ne resta à Madrid qu’un officier d’in-fànterie qui avait servi de secrétaire d’ambassade,et qui sut chargé des affaires, comme le dit 1smarquis de Tord. Ainsi le roi moribond menacétour atour par ceux qui prétendaient à la suc-cession ,. voyant .que le. jour de sa mort serait celuide la guerre, que ses Etats allaient être déchirés,tendait à fa fin fans consolation, sans résolutionetau milieu des inquiétudes.
Bans cette crise violente le.cardinal Portocar-rero archevêque de Tolède , le comte de Mon-terey<Q t d’autres grands d’Espagne voulurentsau-ver la patrie. Ils se réunirent pour prévenir ledémembrement de la monarchie. Leur hainecontre le gouvernement allemand fortifia dansleurs esprits la raison d’Etat, et servit la cour deFrance sans qu’elie le fût. Ils persuadèrent aCharles II de préférer un petit-fils dt.Louis XIVà un prince éloigné d’eux , horsd’état de. les dé-fendre. Ce n était point anéantir les renonciationssolennelles de la mère et dela femme de LouisXIF