GUERRE DE I?0 r. 195
vince de marchands presque toute subjuguée endeux mois, trente ans auparavant, pouvait plusalors que les maîtres de l’Efpagne, de Naples,de la Flandre, du Pérou et du Mexique. L 1 An-gleterre promettait quarante mille hommes fanscompter ses flottes. II arrive dans toutes les allian-ces que l’on fournit à la longue beaucoup moinsqu’onn’avait promis. L’Angleterre, au contraire,donna cinquante mille hommes dans la secondeannée , au lieu de quarante ; et vers la fìrt de laguerre elle entretint, tant de ses troupes que decelles des alliés, fur les frontières de France,en Espagne, en Italie , en Irlande, en Améri-que et fur ses flottes, près de deux cents millesoldats et matelots combattans ; dépense pref-qu’incroyable pour qui considérer a que P Angle-terre , proprement dite , n’çst que le tiers de laFrance, et qu’eile n’avait pas la moitié tant d’ar-gent monnayé ; mais dépense vraisemblable auxyeux de ceux qui savent ce que peuvent le com-merce et le crédit. Les Anglais ont porté tou-jours le plus grand fardeau de cette alliance.Les Hollandais ont insensiblement diminué leleur : car après tout, la république des Etats-Généraux n’est qu’une illustre compagnie decommerce : et P Angleterre est un pays fertile,rempli de négocians et de guerriers.
L’empereur devait fournir quatre-vingt-dixmille hommes, fans compter les secours de FEm-pire et des alliés qu’il espérait détacher de la mai-son de Bourbon ; et cependant le petit-fils deLouis XIV régnait déjà paisiblement dans Ma-il 2