278 MARECHAL DE VILLARS.
et attaqua l’infanterie allemande f retranchéedans des bois. J’ai entendu dire plus dune fois aumaréchal de ViUars que la bataille étant gagnée,somme il marchait à la tête de son infanterie,une voix cria: Nom sommes coupés. Á ce mot,tous ses régimens s’enfuirent. II court à eux, etleur crie : Allons , mes amis, la victoire est à nous ,vive le roi. Les soldats répondent, vive le roi , entremblant, et recommencent à fuir.La plus grandepeine qu’eut le général, ce fut de rallier les vain-queurs. Si deux régimens ennemis avaient parudans le moment de cette terreurpanique, les Fran-çais étaient battus : tant la fortune décide souventdu gain des batailles.
Le prince de bade , après avoir perdu troismille hommes, son canon, son champ de bataille,après avoir été poursuivi deux lieues à travers lesbois et les défilés, tandis que pour preuve de fadéfaite, le fort de Fridlinguc capitulait, mandacependant à Vienne qu’il avait remporté la vic-toire , et fit chanter un Te Deum , plus honteuxpour lui que la bataille perdue.
Les Français, remis de leur terreur panique,proclamèrent ViUars maréchal de France fur lechamp de bataille ; et le roi, quinze jours après,confirma ce que la voix des soldats lui avait donné.
ff Le maréchal de Villars joint enfin sélecteurde Bavière avec ses troupes victorieuses : il letrouve vainqueur de son côté, gagnant du terrain,et maître de la vi.lleimpériale deRatisbonne , oùl’Empire assemblé venait de conjurer fa perte.
f 14 octobre 1701, tt Avril 1703.