248 BATAILLE DE TURIN.
Le maréchal de Marf.n blessé à la cuisse est faitprisonnier. Un chirurgien d u duc de Savoie luicoupa la cuisse ; et le maréchal mourut quelquesmomens apt es i’opération. Le chevalier MètLv.in,ambassadeur d’Angleterre auprès du duc de Sa-voie , le plus généreux, le plus franc et le plusbrave homme de son pays qu’on ait jamais em-ployé dans les ambassades, avait toujours com-battu à côté de ce souverain. II avait vu prendrele maréchal de Marsitt, et il fut témoin de sesderniers momens. 11 m’a raconté que Mavsin luidit ces propres mots : Croyez nu moins , Monsieur ,que fa été contre mon avis que nous s sous avonsattendu dans nos lignes. Ces paroles semblaientcontredire formellement ce qui s’était passé dansle conseil de guerre, et elles étaient pourtantvraies : c’est que le maréchal de Marsin , en pre-nant congé à Versailles, avait représenté au roiqu’il fallait aller aux ennemis, en cas qu'ils parus-sent pour secourir Turin : mais ChainiUart , inti-midé par les défaites précédentes, avait fait dé-cider qu’on devait attendre et non présenter labataille; et cet ordre, donné dans Versailles,fut cause que soixante mille hommes furent dis-persés. Les Français n’avaientpas eu plus de deuxmille hommes tués dans cette bataille : mais on adéjà vu que Je carnage fait moins que la conster-nation. L'impoffibilité de subsister, qui ferait re-tirer une armée après la victoire , ramena vers leDauphine les troupes après la défaite. Tout étaitfi en désordre que le comte de Méilavi- Grancei ,qyi était alors dans le JYIantouan avec un corps de