BATAILLE
276
raux marchaient pour investir Mons. Le maréchalde Villars s’avanqa pour les en empêcher. II avaitavec lui le maréchal de Eouffiers , son ancien ,qui avait demandé à servir sous lui. Botifflersaimait véritablement le roi et la patrie. II prouvaen cette occasion ( malgré la maxime d’un hommede beaucoup d’esprit ) que dans un Etat monar-chique , et sor-tout sous un bon maître , il y ades vertus. II y en a fans doute tout autant quedans les républiques, avec moins d’enthousiasmepeut-être, mais avec plus de ce qu'on appellehonneur. ( p )
(p) Ceî endroit mérite cTí'tre éclairci. Vauteur célèbrede VEjprit dts lois dit que i’honneur est le principe desgouvernemens monarchiques, et la vertu le principe desgouvernemens républicains.
Ce font-là des iilées vagues et confuses qu’on a attaquéesd’une manière ausiì vague; parue que rarement on convientde la va>eur des termes, rarement on s’entend. L’honneurest le défir d'êfcre honoré, d’etre estimé : rìe»!à vient rhabî-tude de ne rien faire dont on puisse rougir. La vertu est l’ac-complissementdesdevoìrs,indépendamment du désirde l’es*time : de«là vient que l’honneur est commun, la vertu rare.
Le principe d’une monarchie, ou d’une république, n’estni l’honneur ni la vertu. Une monarchie est fondée fur lepouvoir d’un seul ; une république est fondée sur le pouvoirque plusieurs ont d’empêcber le pouvoir d’un seul La plu-part des monarchies ont été établies par des chefs d’armées,les républiques par des citoyens assemblés. L’honneur estcommun à tous les hommes , et ia vertu rare dans toutgouvernement. L’amour propre de chaque membre d’uncrépublique veille fur i'amour-propre des autres ; chacunvoulant être maître, personne ne Lest; l’ambition riechaque particulier est un frein public , et Légalité règne.
D an s une monarchie affermie, l’ambition ne peut s'élvvcrqu’en plaisant au maître, ou à ceux qui gouvernent sous lemaître. II n’y a dans ces premiers ressorts ni honneur nivertu, de part ni d’autre ; il n’y a que tle í’intérêt. La