ET DE l’ESPAGNE. 285
que ses ennemis exigeaient à Gertrudenberg, d’a-bandonner ia cause de Philippe , en fesant revenir,pour sa propre défense, quelques troupes demeu-rées en Espagne. Lui-mème à peine pouvait résistervers la Savoie, vers le Rhin, et sur-touten Flandre,où se portaient les plus grands coups,
L'Espagne était encore bien plus à plaindre quela France. Presque toutes ses provinces avaient étéravagées par leurs ennemis et par leurs défenseurs.Elle était attaquée par le Portugal. Son commercepérissait. La disette était générale; mais cettedisette fut plus funeste aux vainqueurs qu aux vain-cus ; parce que dans une grande étendue de pays,l’affection des peuples refusait tout aux Autrichienset donnait tout à Philippe Ce monarque n’avaitplus ni troupes ni général de la part de la France.Le duc d’Orléans , par qui s’étàic un peu rétablie fafortune chancelante, loin de continuer de com-mander ses armées , était regardé alors comme sonennemi. II est certain que malgré l’affeeïion de laville de Madrid pour Philippe, malgré la fidélitéde beaucoup de grands et de toute la Castille, ily avait contre Philippe V un grand parti en Espa-gne, Tous les Catalans, nation belliqueuse etopiniâtre, tenaient obstinément pour son concur-,rent. La moitié de l’Arragon était auilì gagnée.Une partie des peuples attendait alors i’événement :une autre haïssait plus l’archiduc qu’elle n’aimaitPhilippe. Le duc d’Orléans, du même nom dePhilippe , mécontent d’ailleurs des ministresespagnols, et de la princesse des Urfînt qui gouver-nait , crut entrevoir qu’il pouvait gagner pour lui