ROI DE SUEDE. Sf
II fit construire un beau port auprès d’Azophà l’embouchure du Tanaïs: il voulait y entre-tenir des galères; et dans la fuite croyant queces vaisseaux longs, plats et légers devaientréussir dans la mer Baltique , il en a fait cons-truire plus de trois cents dans fa ville favoritede Bétersbourg; il a montré à ses sujets l’art deles bâtir avec du simple sapin, et celui de lesconduire. II avait appris jufqu’à la chirurgie;on l’a vu dans un besoin faire la ponction àtin hydropique; il réussissait dans les mécani-ques , et instruisait les artisans.
Les finances du czar étaient à la vérité peude chose , par rapport à l’immenfité de sesEtats : il n’a jamais eu vingt-quatre millions derevenu, à compter le marc à près de cinquantelivres comme nous félons aujourd’hui, et com-me nous ne ferons peut-être pas demain; maisc’est être très-riche chez foi que de pouvoirFaire de grandes choses. Ce n’est pas la raretéde l’argent , mais celle des hommes et destalens, qui rend un empire faible.
La nation russe n’est pas nombreuse, quoi-que les femmes y soient fécondes et les hom-mes robustes. P,erre lui-même, en poliçantseí Etats, a malheureusement contribué à leurdépopulation. De fréquentes recrues dans desguerres long-temps malheureuses-* des nationstransplantées des bords de la mer Caspienneà ceux de la mer Baltique, consumées dans lestravaux, détruites par les maladies, les troisquarts des enfans mourans en Moscovie de la