70 HISTOIRE DE CHARLES XII
sortir du camp. II voulut de plus que, dans unevictoire, ses troupes ne dépouillassent les mortsqu’après en avoir eu la permission ; et il parvintaisément à faire observer cette loi. On fesaittoujours dans son camp la prière deux fois parjour, à sept heures du matin, et à quatre heuresdu soir : il ne manqua jamais d’y assister, et dedonner à ses soldats l’exemple de la piété,qui fait toujours impression fur les hommes,quand ils n’y soupqonnent pas. de l’hypocrisie.Son camp, mieux policé que Copenhague,eut tout en abondance ; les paysans aimaientmieux vendre leurs denrées aux Suédois leursennemis qu’aux Danois, qui ne les payaient pasfi bien. Les bourgeois de la ville furent mêmeobligés de venir plus d’une fois chercher auchamp du roi de Suède des provisions quimanquaient dans leurs marchés.
Le roi de Danemarc était alors dans le Hols-tein, où il semblait ne s’étre rendu que pourlever le siège de Tonnineue. II voyait la merBaltique couverte de vaisseaux ennemis, unjeune conquérant déjà maître de la Zéeland ,et prêt à s’emparer de ia capitale. II fit publierdans ses Etats que, ceux qui prendraient lesarmes contre les Suédois auraient leur liberté.Cette déclaration était d’un grand poids dansun pays autrefois libre, où tous les paysans,et même beaucoup de bourgeois, font esclavesaujourd’hui, Charles fit dire au roi de Dane-marcb, qu’íl ne fesait la guerre que pourl’obliger à faire la paix, qu’il n’avait qu’à se