78 HISTOIRE DE CHARLES XII
avec la même présence d’efprit. Après troisheures de combat, les retranchemens furentforcés de tous côtés- Le roi poursuivit la droitejusqu’à la rivière de Nerva, avec son aile gau-che, si l’on peut appeler de ce nom environquatre mille hommes qui en poursuivaient prèsde quarante mille. Le pont rompit fous lesfuyards ; la rivière fut en un moment couvertede morts. Les autres désespérés retournèrentà leur camp, fans savoir où ils allaient: ilstrouvèrent quelques baraques derrière lesquel-les ils fe mirent ; là ils fe défendirent encore ,parce qu’ils ne pouvaient pas fe sauver ; marsenfin leurs généraux Do’gorouty , Golïofkìu ,Fèdérov/itz , vinrent se rendre au roi, et met-tre leurs armes à ses pieds. Pendant qu’on leslui présentait, arriva le duc de Croi, généralde l’armée , qui venait se rendre lui-mêmeavec trente officiers.
(i) Charles requt tous ces prisonniers d’im-portance avec une politesse aussi aisée et un airaussi humain , que s’il leur eût fait dans fa courles honneurs d’une fête. II ne voulut garderque les généraux. Tous les officiers subalterneset les soldats furent conduits désarmés jusqu’àla rivière de Nerva : on leur fournit des bateauxpour la repasser, et pour s’en retourner chezeux. Cependant la nuit Rapprochait; la droitedes Moscovites se battait encore: les Suédoisn’avaient pas perdu six cents hommes: dix-huit mille moscovites avaient été tués dans(i'J Copié par te P, Barre , tome IX.