103 HISTOIRE DE CHARLES XII
pris pour être d’une personne née àVersailîes.Elle en composa pour Charles XII , que l’his-tolre ne doit point omettre. Elle introduisaitles dieux de la fable , qui tous louaient les diffé-rentes vertus de Charles, La pièce finissait ainsi :
Enfin, chacun des dieux, discourant à sa gloire,
Le plaqait par avance au temple de mémoire:
Mais Vénus ni Bacchus n’en dirent pas un mot.
Tant d’esprit et d’agrémens étaient perdusauprès d’un homme tel que le roi de Suède. IIrefusa constamment de la voir. Elle prit leparti de se trouver sur son chemin, dans lesfréquentes promenades qu'il fesait à cheval.Effectivement elle le rencontra un jour dansun sentier fort étroit : elle descendit de carrossedès qu’elle l’aperqut: le roi la salua, sans luidire un seul mot, tourna la bride de son cheval,et s’en retourna dans l’ìnstant; de forte quela comtesse de Konigsmetrk ne remporta de sonvoyage que la satisfaction de pouvoir croire quele roi de Suède ne redoutait qu’elle.
11 fallut alors que le roi de Pologne se jetâtdans les bras du sénat, II lui fit des propositionsparle palatin de Marienbourg: Pune, qu’onlui laissât la disposition de l’armée de la répo.blique, à laquelle il payerait de ses propresdeniers deux quartiers d’avance : ì’autre, qu’onlui permît de faire revenir en Pologne douzemille saxons. Le cardinal primat fit une réponseaussi dure qu’était le refus du roi de Suède. 11 ditau palatin de Marienbourg, au nom de Tassent-