126 HISTOIRE DE CHARLES XII
dans une auge d’écurie où elle avait été aban-donnée dans une village voisin : c’est ce que j,elui ai entendu conter. Ce fut ce même enfantque la destinée, après d.e plus grandes vicissi-tudes » fit depuis reine de France. Plusieursgentilshommes prirent des chemins différens;le nouveau roi partit lui-même pour aller trou-ver Charles Xll, apprenant de bonne heure àsouffrir des disgrâces, et forcé de quitter fa capi-tale six semaines après y avoir été élu souverain.
Auguste entra dans la capitale en souverainirrité et victorieux. Les h ab! tan s, déjà ration-nés par le roi de Suède, le furent encore davan-tage par Auguste. Le palais du cardinal et toutesles maisons des seigneurs confédérés ,.tous leursbiens à la ville et à la campagne furent livrés aupillage. Ce qu’il y eut de plus étrange dans cetterévolution passagère, c’est qu’un nonce du pape,qui était venu avec le roi Auguste, demanda aunom de son maître qu’on lui livrât l’évêque deFosnanie, c^mme justiciable de la cour de Rome,en qualité d’évéque et de fauteur d’un princemis furie trône par les armes d’un luthérien.
La cour de Rome, quia toujours songé à aug-menter son pouvoir temporel à la faveur du spi-rituel, avait depuis très-long-temps établi enSologne une espèce de jurisdiction, à la tête delaquelle est le nonce dupape. Ses ministres n’a-vaient pas manqué de profiter de toutes lesconjonctures favorables, pour étendre leur pou-voir, révéré par la multitude, mais toujours con-testé parles plus sages. Us s’étaient attribué le