342 HISTOIRE DE CHARLES XII
d'officiers français, un plus grand nombre d’ìr-landais, entrèrent dans cette conjuration d’uneespèce nouvelle , qui se tramait en même tempsen Angleterre, en France, en Moscovie, etdont les branches détendaient secrètementcfun bout de l’Europe à l’autre.
Ces préparatifs étaient encore peu de chosepour le baron de Gortz ^ maisc’était beaucoupd’avoir commencé. Le point le plus important,et fans lequel rien ne pouvait réussir , étaittsachever la paix entre le czar, et Charles ; ilrestait beaucoup de difficultés à applanir, Lebaron OJìerman, ministre d’Etat en Moscovie,ne s’était point laissé entraîner d’abord aux vuesde Gortz ; il était aussi circonspect que le minis-tre de Charles était entreprenant. Sa politiquelente et mesurée voulait laisser tout mûrir; legénie impatient de l’autre prétendait recueillirimmédiatement après avoir semé. Osterman crai-gnait que l’empereur son maître, ébloui parl’éclat de cette entreprise, n’accordât à la Suèdeune paix trop avantageuse; il retardait par seslongueurs et par ses obstacles la conclusion decette affaire.
Heureusement pour le baron de Gortz , leczar lui-même vint en Hollande au commen-cement de 1717. Son dessein était de passer enFrance : il lui manquait d’avoir vu cette nationcélèbre, qui est depuis plus de cent ans cen-furée , enviée et imitée par tous ses voisins ; ilvoulait y satisfaire fa curiosité insatiable de voir