PENDANT LA REGENCE. II
Le chancelier d ’Aguejsèau , homme élevé dansles formes du palais , très-instruit dans la juris-prudence , mais moins versé dans la connais-sance de l’intérieur du royaume, difficile et in-certain dans les affaires, mais aussi intègrequ’éloquent, s’opposait autant qu’il pouvait auxinnovations intéressées et ambitieuses de Lass,Pendant ce temps-là il se formait un partiassez considérable contre la régence du ducà'Orléans. La duchesse du Maine en était l’ame ;le duc du Maine y entrait par complaisancepour sa femme. Le cardinal de Polìgnac s’enétait mis pour jouer un rôle ; plusieurs seigneursattendaient le moment de se déclarer; ce partiagissait sourdement de concert avec le cardinalAlhêrmi premier ministre d’Espagne ; tout étaitencore dans le plus grand secret, et le duc d’Or-lians n’avait que des soupqons. II fallait qu’il sepréparât à la guerre contre l'Espagne, qui parais,sait inévitable. II fallait qu r en même temps ilacquittât une partie des dettes immenses queLouis XIV avait laissées ; il fallait faire plusieursréglemens que le régent crut utiles, et que lechancelier d ’AgueJJeau crut pernicieux. II exilale chancelier à fa maison de campagne, etnomma garde des sceaux et vice chancelier leconseiller d’Etat, lieutenant de police, dePaulmy A'Argenfon, homme d’une anciennenoblesse, d’un grand courage dans les difficul-tés , d’une expédition prompte, d’un travail in-fatigable , désintéressé, ferme, mais dur, despo-tique , et le meilleur instrument du despotismeque le régent pût trouver. II eut tout d’un coup