Sl8 MÉTEMPSYCOSE.
créer de nouvelles amës. 11 se délivrait de cesoin en fesant servir les anciennes. 11 en créaitde nouvelles, quand les races se multipliaient.Le calcul était bon jusque-là ; mais lorsque lesraces diminuaient, il se trouvait une grandedifficulté. Que se sait on des âmes qui n’avaientplus de logement ( n ) ? 11 n’était guère possiblede bien répondre à cette objection ; mais quelest l’édifice bâti par l’imagination humaine quin’ait des murs qui écroulent?
La doctrine de la métempsycose eut coursdans toute l’Inde , et autant au-delà du Gangeque vers le flc-uve Indus. Elle s’étendit jusqu’àla Chine chez le peuple gouverné parles bon-ites ; mais non pas chez les colao et chez leslettrés gouvernés par les lois. Pythagore, aprèsune longue fuite de siècles, l’ayant apprise dansla presqu’île de l’Inde , put à peine rétablir àCrotone. Apparemment qu’il trouva la grandeGrèce attachée à d’autres fables; car chaquepeuple avait la sienne.
Les Egyptiens inventèrent une autre folie ; ilsimaginèrent qu’ils ressusciteraient au bout detrois mille ans,- et même enfin trouvant leterme trop éloigné , ils obtinrent de leur choen,de leurs prêtres, que leurs âmes rentreraientdans leurs corps après dix siècles de mort feu-lement. Dans cette douce espérance, ils essayè-rent de ne perdre de leur corps que le moinsqu’ils pourraient. L’art d’embaumer devint leplus grand art de l’Egypte. Une ame, à lavérité, devait être fort embarrassée de se trouversans ses entrailles et fans fa cervelle que lesembaumeurs avaient arrachées : tuais les diffi-
(5) Voyez le catéchisme des Brachmanes, art. XXVI.