RE VOLUTION S. 257
Abdala tua et pilla pendant sept jours ; la plupartdes maisons furent réduites en cendres. Cette■ville, longue de dix-sept lieues, de deux milletrois cents pas géométriques , et peuplée dedeux millions d’habitans, n’avait pas éprouvé,dans l’invasion de Sba- Nadir , une calamité íihorrible ; mais elle n’était pas à la fin de sesmalheurs. Les Marates accoururent pour par-tager la proie; ils combattirent fur les
ruines de la ville impériale. Ces voleurs chas-sèrent enfin ce voleur, et pillèrent Déii à leurtour avec une inhumanité presqu’égale à lasienne.
Un autre petit peuple, voisin des Marateset de Visapour, habitant des montagnes ap-pelées les Gates, et qui en a pris le nom,vint encore se joindre aux Marates, et mettrele Comble à tant d’horreurs.
Qu’on se figure les Anglais et les Bour-guignons déchirant la France du temps deì’imbécille Charles VI , ou les Got’ns et les Lom-bards dévorant i’Italie dans la décadence del’empire, on aura quelque idée de l’état où étaitl’índe dans la décadence de la maison de Tarner-lan. Et c’était précisément dans ce temps-làque les Anglais et les Français, fur la côte deCorotnandei, se battaient entr’eux et contreles Indiens, pillaient, ravageaient, intriguaient,trahissaient, étaient trahis.... pour vendre enEurope des toiles peintes.
Que l’on compare les temps, et qu’on jugedu bonheur dont on jouit aujourd’hui enFrance, en Espagne, en Italie, en Allemagnedans une paix profonde, dans le sein des artset des plaisirs. Ils ne font point troublés parl’crdre donné aux jésuites de vivre chacun
T. 35 . Fragmtnsfur rir.de etc. T. 11. Y