DU CARDINAL DE RICHELIEU. 171
respectueux du nom fastueux de Testament politi-que. A peine le cardinal de Richelieu fut-il morequ’il courut cent manuscrits pour et contre famémoire : j’en ai deux fous le titre de Testamen-tum christìanmn , et deux fous celui de Testa-pientum politicum : voilà probablement l’originede tous les testamens politiques qu’on a fabriquésdepuis.
I I.
Si un ouvrage dans lequel un des plus grands-hommes d’Etat qu’ait jamais eu l’Europe estsupposé rendre compte de son administration àson maître, et lui donner des conseils pour leprésent et pour l'avenir, eût été en effet composépar ce ministre, il eût pris probablement toutesles mesures possibles pour qu’un tel monument nefût pas négligé ; il l’eût revêtu de la forme la plusauthentique ; il en eût parlé dans son vrai testament,qui contient ses dernières volontés ; il l’eût léguéau roi, comme un présent beaucoup plus précieuxque le palais-cardinal; il eût chargé l’exécuteurde son testament de remettre à Louis XI I cetouvrage important; le roi en eût parlé; tous lesmémoires de ce temps-là auraient fait mentiond’une anecdote si intéressante : rien de tout celan’est arrivé. Le silence universel, dans une affaireaussi grave, doit donner à tout homme de bonsens les plus violens soupçons. Pourquoi ni lemanuscrit original ni aucune copie n’auraient ilsjamais paru pendant un fi grand nombre d’années °ìOn savait à la mort de César qu’il avait fait des
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