DU CARDINAL DE RICHELIEU. 189
chapitre neuvième il traite de la marine ; ilparle doctement des grands périls de la naviga-tion d’Espagne en Italie, et d'Itnlie en Espagne,lesquels n’exislent pas plus que ceux de Carybdeet de ScyÛa : il prétend que la feule Provencea beaucoup plus de. ports grands et assurés queîEspagne et ïItalie tout ensemble ,• hyperbolequi ferait soupçonner que le livre serait d’unprovençal qui ne connaîtrait que Toulon etMarseille, plutôt que d’un homme d’Etat quiconnaissait EEurope.
ydlà une partie des chimères qu’un politiqueclandestin a mises fous le nom d’un grand mi-nistre , avec cent fois moins de discrétion queEabbé de S 1 Pierre n’en a montré , quand il avoulu attribuer une partie de ses idées politiquesau duc de Bourgogne.
Le projet de finances , qui remplit presquetout le dernier chapitre, est tiré d’un manuscrit,qui existe encore : je l’ai vu ; il est de 1640.II porte les revenus du roi jusqu’à cinquante-neuf millions de ce temps là , par i’arrangementqu’il propose, L’auteur du testament en retran-che deux, tout le reste est conforme. Rienn’est si commun que des projets de cette es-pèce ; les ministres en reçoivent, et les lisentrarement. Le faussaire, en copiant ces idées,fait bien voir qu’il ne s’était pas donné la peinede connaître par lui-méme les finances de LouisXHl. 11 avance hardiment que chacune descinq années de la guerre n’avait coûté quesoixante millions; cela n’est pas vrai; j’aî en