SUR L’ESFRIT DES LOIS. rz
dans votre calcul. Revenons à Tordre que j’aiinterrompu.
VI.
Comme la mer qui semble vouloir couvrir la terre,est arrêtée parles herbes et par les moindres graviersqui font fur le rivage; ainsi les monarques, dont lepouvoir paraît fans bornes , s’arrêtent par les plus pe-tits obstacles, et soumettent leur fierté naturelle à laplainte et à la prière , ( pag. >8 )
Voilà donc, poéciquement parlant, l’Océanqui devient monarque ou despote. Ce n’est paslà le style d’un législateur. Mais assuré ment cen’est ni de l’betbs ni du gravier qui cause le re-flux de la mer, c’est la loi de la gravitation, etje ne sais d’ailleurs si la comparaison des larmesílu peuple avec du gravier est bien juste.
VII.
Les Anglais, pour favoriser la liberté, ont été tou-tes les puissances intermédiaires qui formaient leurmonarchie, (pag. 19.)
Au contraire, les Anglais ont rendu plus légalle pouvoir des seigneurs spirituels et temporels,et ont augmenté celui des communes. On estétonné que fauteur soit tombé dans une méprisesi palpable. Je passe une foule d’autres assertionsqui ms semblent autant d’erreurs, et qui ont étcfortement relevées par les sages critiques dontj’ai parlé à la fin de l’avant - propos.
VIII.
II ne suffit pas qu’il y ait dans la monarchie des rangsintermédiaires, il faut encore un dépôt d-: lois ....l’ignorance naturelle àla noblesse, son inattention, sonmépris pour le gouvernement civil, exigent qu’il y aituu corps qui fasse fans cesse sortir les lois de la poussière