DES EDITEURS. ny
évidemment un abus de la force ; et le souverainferait même plus que juste envers ceux qui enjouissent, en se bornant à les abolir sans exigerd’eux ni restitution ni dédommagement.
En parlant ici des dédommagemens dus auxseigneurs, on sent que nous entendons les sei-gneurs laïques seulement. Les hommes font tropéclairés de nos jours pour ignorer que les biensecclésiastiques ne font pas une vraie propriété,mais une partie du domaine public dont lalibre disposition ne peut cesser d’appartenir ausouverain.
Dâns le projet d’édit dressé par le P. P. deLamoìgnon , on ne trouve aucune distinctionentre tes seigneurs laïques et les seigneurs ecclé-siastiques: dans le siècle superstitieux qui a précédéle nôtre , on regardait les biens ecclésiastiquescomme une vraie propriété, plus sacrée mêmeque celle des citoyens. M. de Lamoignon pro-pose de racheter les droits de main-morte parun droit éventuel, uniforme; cette dispositionpeut conduire à des injustices non-seuiement àl’égard des seigneurs, mais fur-tout à l’égard desserfs. Les droits qu’ils devaient aux seigneurs seseraient trouvés souvent au-dessous de celui quiaurait été établi d’après le projet. D’ailleurs ilsemble que l’on doit laisser aux communautés îaliberté d’accepter ou non raffranchissement, en
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