léo EXTRAIT d’UN MEMOIRE.
sèdent la moitié des terres de la Franche-Comté,et toutes ces terres ne font peuplées que de serfs.
Au sein de la liberté et des plaisirs de la capi-tale , on aura peine à croire qu’il est encore desFrançais qui font de la même condition que lebétail de la terre qu’ils arrosent de leurs larmes ,et que leur état se règle par les mêmes lois. CesFiançais ne peuvent transmettre à l’héritier deleur sang, la terre que leurs travaux ont fertilisée,si cet héritier a cessé pendant une année seule-ment, dans tout le cours de leur vie, de vivre aveceux fous le même toit, au même Feu et du mêmepain. Privés de tous les essets.civils, ils n’ont lafaculté de disposer de leur patrimoine, pas mêmede leurs meubles, ni par donation , ni par tes-tament ; ils n’ont pas non plus la liberté de lesvendre dans leurs besoins pour soulager leurindigence.
Une fille esclave perd irrévocablement, en semariant, toute espérance de succéder à son père ,lorsqu’elle oublie de coucher la première nuit desnoces dans la maison paternelle. Si elle passe cettepremière nuit dans le logis de son mari, elle en estpunie par la perte de ses biens ; et souvent on alancé des monitoirespour savoir si c’était chez sonpère ou chez son mari qu’elle avait perdu savirginité.
Le sers qui est privé de la faculté d’hypotbéqueret de vendre son bien, n’a et ne peut avoir aucuneespèce de crédit ; il ne peut ni faire des empruntspour améliorer lès terres, ni se livrer au commerce.
Les femmes qui même apportent à leurs maris