DE LA MORT DE JEAN CALAS. 245
mari l’emporta sur sa faiblesse. Elle arriva àParis prête d’expirer. Elle fut étonnée d’y trou-ver de l’accueil, des secours et des larmes.
La raison l’emporte à Paris fur le fanatisme,quelque grand qu’il puisse être, au lieu qu’enprovince de fanatisme l’emporte presque toujoursfur la raison.
M. de Beaumont , célèbre avocat du parlementde Paris, prit d’abord fa défense, et dressa uneconsultation qui fut signée de quinze avocats. M.Loiseau, non moins éloquent, composa un mé-moire en faveur de la famille. M. Mariette, avo.eat au conseil, dressa une requête juridique, quiportait la conviction dans tous les esprits.
Ces trois généreux défenseurs des lois et del’innocer.ce abandonnèrent à la veuve le profitdes éditions de leurs plaidoyers, (#) Paris etl’Europe entière s'émurent de pitié, et deman-dèrent justice avec cette femme infortunée. I/ar-rêt fut prononcé par tout le public long-tempsavant qu’il pût être signé par le conseil.
La pitié pénétra jusqu’auministère, malgré letorrent continuel des affaires, qui souvent exclutla pitié, et malgré l’habitude de voir des mal-heureux , qui peut endurcir le cœur encore da-vantage. On rendit les filles à la mère. On les vittoutes les trois couvertes d’un crêpe et baignéesde larmes, en faire répandre à leurs juges. -
Cependant cette famille eut encore quelquesennemis; car il s’agifíàit de religion. Plusieurs
se) O11 les a contrefaits Jans plusieurs villes, etladam*Calas a perdu le fruit de cette générosité.