L6o Si LA TOLERANCE
ferait dangereuse, sx la sagesse des tribunaux ne Lt
les ava>t pas toujours contenus. tous
11 est vrai que le grand empereur Tontcbin , le étabi
plus sage et le plus magnanime peut-être qu’ait eu lâ
la Chine, a chassé les jésuites : mais ce n’était fat'
pas parce qu’il était intolérant, c’était au con- civile
traire parce que les jésuites Tétaient. 11s rappor- désol
tent eux-mèmes dans leurs lettres curieuses les ema
paroles que leur dit ce bon prince Je sais que rat
votre religion ejì intolérante i je fais ce que vous rçstra
avez fait aux Manilles ct au Japon ; vous aveu blabla
trompé mon père , n’espérez pas me tromper de M i
même. Qu’on lise tout le discours qu’il daigna leur besoin
tenir, on le trouvera le plus sage et le plus clé- btórá
ment des hommes. Pouvait-il en effet retenir des Icurei
physiciens d’Europe , qui, sous prétexte de à!
montrer des thermomètres et des éolipiles à la qu’ilns
cour , avaient soulevé déjà un prince du sang ? et à,
qu’aurait dit cet empereur, s’il avait ìu nos his- Caroli
toires, s’il avait connu nos temps de la ligue et feSti
de la conspiration des poudres ? public
C’en était assez pour lui d’être informé des naîtrequerelles indécentes des jésuites, des dominicains, àdes capucins, des prêtres séculiers envoyés du !là,bout du monde dans ses Etats : ils venaient pré- *j eicher la vérité , et ils s’anathématisaientles uns les rlapautres. L’empereur ne fit donc que renvoyer des ceeuiperturbateurs étrangers ; mais avec quelle bonté à ,les renvoya-t-il ? quels foins paternels n’eut-il pas aa c j cid’eux pour leur voyage, et pour empêcher qu’on ^
ne les insultât sur la route? Leur bannissementmême fut un exemple de tolérance et d’humanité. t»j