ÉT DE LA PERSECUTION. 29A
de pareilles fadaises, si.on ne les a point ajoutéesà ses écrits,quel fondpeut-on faire fur son híítoire.
On nous donne le martyre de S !i Félicité etde ses sept enfans, envoyés, dit-on, à la mort-par le sage et pieux Antonia , fans nommerFauteur de la relation.
II est bien vraisemblable que quelque auteurplus zélé que vrai a voulu imiter l’hiftoire desÀfachabées : c’est ainsi que commence la relation :S' c Félicité était romaine , elle vivait fous lerègne d’Antonìn: il est clair par ces paroles queFauteur n’était pas contemporain de S te Félicité :il dit que le préteur les jugea fur son tribunaldans le champ de Mars, qui, après avoir servià tenir les comices, servait alors auxrevues dessoldats, aux courses, aux jeux militaires : celaseul démontre la supposition.
11 est dic encore qu’après le jugement, Fem-pereur commit à différens juges le foin de faireexémterì'arrêt ; ce qui eft entièrement contraireà toutes les formalités de ce temps-là, et à cellesde tsus les temps.
I‘ y a de même un S* Hippolyte que l’on sup-pose traîné par des chevaux , comme Hippolyteftls de Thésée. Ce supplice ne fut jamais connudes anciens Romains, et la feule ressemblancedu nom a fait inventer cette sable.
Observez encore-que dans les relations desmartyres, composées uniquement par les chré-tiens mêmes, on voit presque toujoursune foule dachrétiens venir librement dans la prison du con-damné, le suivre au supplice, recueillir son sang,ensevelir son corps, faire des miracles avec les